Vie et aventures de Nicolas Nickleby - Tome I

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Auteur: Charles Dickens

Vie et aventures de Nicolas Nickleby - Tome I
ses
jours de pauvreté, et de l’importance dont avait joui feu leur
oncle dans ses jours d’opulence. Ces souvenirs produisirent sur eux
des impressions très différentes. Pendant que le plus jeune, qui
était d’un esprit timide et contemplatif, n’y trouvait qu’un
avertissement sérieux de fuir le grand monde et de s’attacher plus
que jamais à la routine paisible de la vie des champs, Ralph,
l’aîné, raisonnant sur ces contes d’autrefois si souvent répétés,
en tirait la conséquence qu’il n’y a pas d’autre source de bonheur
et de puissance que la richesse, et que tous les moyens sont bons
pour l’acquérir, pourvu qu’ils ne soient pas précisément criminels.
« Ainsi, se disait Ralph en lui-même, si l’argent de mon oncle
n’a pas absolument produit grand bien pendant sa vie, il en a
produit beaucoup après sa mort ; car c’est mon père qui en
profite maintenant et qui me le garde pour plus tard ;
n’est-ce pas un but très vertueux ? Et, pour en revenir au
vieil oncle, il en a aussi tiré un grand bien, puisqu’il a eu le
plaisir d’y penser toute sa vie et d’être un objet d’envie et de
déférences respectueuses pour tout le reste de la famille. »
Et Ralph ne manquait jamais de terminer ces soliloques intérieurs
par cette conclusion qu’il n’est rien tel que l’argent.
    Trop conséquent pour s’en tenir à la théorie
ou pour laisser ses facultés se rouiller, même à un âge si tendre,
dans de pures abstractions d’esprit, ce garçon plein d’avenir
commença dès l’école le métier d’usurier sur une échelle limitée,
plaçant d’abord à gros intérêt un petit capital de crayons
d’ardoise et de billes, puis étendant graduellement ses opérations
financières, si bien qu’elles finirent par comprendre la monnaie de
billon du royaume de la Grande-Bretagne, sur laquelle il spécula
avec un profit considérable. Et n’allez pas croire qu’il
embarrassât l’esprit de ses débiteurs par des calculs fastidieux en
chiffres, ou des concordances avec des tables de Barème. Sa règle
d’intérêt était bien simple, elle se résumait dans cette maxime qui
valait son pesant d’or : Quatre sols pour deux liards. C’était
un adage précieux pour simplifier les comptes, et sa forme
familière le rendait plus propre encore à se graver dans la mémoire
que toutes les règles de l’arithmétique. Aussi nous ne saurions
trop le recommander à l’attention des capitalistes, petits ou
grands, et plus particulièrement à celle des courtiers de change et
des escompteurs de billets. Au reste, il faut rendre justice à ces
messieurs, il y a déjà bon nombre d’entre eux qui n’ont pas cessé
d’en faire un usage quotidien, avec un succès remarquable.
    Le jeune Ralph, par le même principe,
et pour éviter tous ces calculs minutieux et subtils de décompte et
d’appoint, toujours embarrassants pour ceux qui supputent
rigoureusement le nombre des jours d’intérêt, avait établi

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