Une Vengeance Anglaise

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Auteur: Pierre Zaccone
tomber lourdement sur son épaule.
    Samuel ne proféra pas la moindre plainte, il ne recula même pas d’une semelle ; seulement, comme son adversaire se trouvait à sa portée, il ne crut pas devoir lui laisser le temps de se rejeter en arrière, et prompt à la riposte, animé de plus par l’irritation même de la lutte, il lui appliqua vigoureusement un de ses poings sous la mâchoire, et l’autre dans l’épigastre.
    Le coup est traître, mais il est infaillible. Le second bandit poussa un cri de douleur, s’affaissa sur lui-même et prit place à côté de son compagnon.
    Samuel était maître du champ de bataille, et sans attendre de nouvelles complications, il courut à la jeune fille, dont l’évanouissement venait de cesser, et qui revenait insensiblement à la vie.
    – Vos ravisseurs sont pour le moment dans l’impossibilité de vous faire aucun mal, lui dit-il aussitôt à voix rapide, mais l’endroit où nous voici est dangereux, et il faut en sortir au plus tôt ; essayez donc, miss, de prendre mon bras, et avant quelques minutes, nous aurons trouvé un cab qui vous ramènera chez vous.
    La jeune fille était enveloppée d’un long châle, ses traits étaient entièrement cachés par un voile épais. Dès les premières paroles prononcées par Samuel, elle releva vivement la tête et fixa sur lui ses deux regards curieux et étonnés :
    – Qui me parle ? dit-elle alors, avec un reste d’émotion et comme si elle doutait encore de la réalité.
    – Un ami, miss, répondit Samuel, un homme qui a eu le bonheur de vous sauver et dont vous n’avez rien à craindre.
    – Mais qui êtes-vous donc ?
    – Qu’importe.
    – Votre voix ne m’est pas inconnue.
    – C’est possible.
    – Vous êtes monsieur Samuel Hampden.
    – Que dites-vous ?
    Samuel se redressa interdit et chercha à percer le voile qui couvrait le visage de la jeune fille, mais cette dernière craignit sans doute le résultat de cet examen, car elle se leva presque aussitôt, et prenant le bras du jeune homme, elle l’entraîna loin de cette rue, dans la direction de Bernard-street.
    Dix minutes après, ils trouvaient un fiacre, et la jeune miss, toujours voilée, se hâtait d’y prendre place.
    Toutefois, avant de monter, elle se retourna vers Samuel et lui tendit la main.
    – Monsieur Hampden, lui dit-elle d’une voix douce et tendre, vous m’avez sauvé la vie, ce soir, et, croyez-le bien, je n’oublierai jamais ce service, A bientôt donc, et avant peu je vous prouverai que je ne suis pas ingrate.
    En disant ces mots, elle monta lestement dans le fiacre, et le cocher ayant fouetté son cheval, il partit au galop, laissant Samuel vivement intrigué et cherchant vainement dans ses souvenirs quelle pouvait être cette jeune fille qui le connaissait si bien.
    Tout en rêvant, il reprit à pas lents son chemin vers Lombard-street. La distance est longue, et il s’arrêta plus d’une fois sur sa route ; quand il arriva au siège de la

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