Sous l'oeil d'Horus

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Auteur: Haney,Lauren

Sous l'oeil d'Horus
avis !
lui opposa Imsiba en désignant un marchand que deux lanciers entraînaient sans
ménagement sur le sentier sablonneux, vers la citadelle. As-tu remarqué comment
il ajoutait du poids à la balance chaque fois qu’il effleurait le fléau ?
On pourrait croire qu’on a déjà tout vu, mais ce tour-là, je ne le connaissais
pas, admit-il, encore sidéré.
    — C’est là une nouvelle leçon, et un nouveau triomphe
pour Maât, déesse de l’ordre et de la justice.
    Imsiba sourit de ce ton sentencieux, rappelant celui d’un
scribe que les deux compagnons n’appréciaient guère.
    Bak s’écarta afin de laisser passer deux jeunes femmes.
Elles pouffèrent, troublées par le geste de courtoisie de cet homme un peu plus
grand que la moyenne, large d’épaules et bien découplé, doté d’un bâton de
commandement. Bak passa les doigts dans ses cheveux courts, inconscient de
l’émoi qu’il avait fait naître dans leur poitrine.
    — Le commandant veillera à ce qu’il ne dupe plus
personne pendant de longues années.
    Un sourire grave effleura les lèvres d’Imsiba. On ne
plaisantait pas avec Thouti. Ses jugements étaient rigoureux et les punitions
qu’il infligeait rarement oubliées par les coupables.
    Les deux policiers avancèrent d’un pas nonchalant entre les
rangées irrégulières d’auvents, dressés pour offrir de l’ombre aux vendeurs et
aux clients, ainsi qu’aux marchandises. Le marché se tenait deux fois par
semaine, entre l’enceinte extérieure et la forteresse. Ils évitèrent des
hommes, des femmes, des enfants et des animaux ; ils enjambèrent des
détritus et du crottin en prenant garde à ne pas heurter les minces poteaux soutenant
les abris. Ce faisant, ils jetaient çà et là des regards inquisiteurs pour
déceler une expression, un geste furtif laissant suspecter des pratiques
malhonnêtes. Parfois, une marque de bonne humeur, un signe du menton, un
sourire ou quelques paroles aimables les accompagnaient, allégeant la besogne
ingrate mais nécessaire qu’ils accomplissaient périodiquement.
    Le temps était d’une chaleur inhabituelle pour cette saison,
la plus fraîche de l’année. Le soleil qui dardait ses rayons les baignait de
sueur. Une brise du nord légère et sporadique poussait des tourbillons de
poussière sur les chemins. Les mille effluves du commerce flottaient autour
d’eux : épices, poisson, bétail, bois fraîchement coupé, viande braisée,
oignons, parfums et transpiration. À travers le flux et le reflux des voix, on
entendait des ânes braire dans les enclos et des chiens aboyer.
    — Lieutenant Bak ! Chef !
    Un lancier se frayait précipitamment un chemin vers eux,
élevant son arme au-dessus de sa tête de sorte que le reflet du soleil sur la
pointe de bronze attire leur attention. Les deux officiers accélérèrent le pas
pour aller à sa rencontre. Bak le reconnut : c’était un des dix soldats
chargés de maintenir l’ordre sur le marché.
    — Un

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