Olivier Twist II

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Auteur: Charles Dickens
 
     
Chapitre XXX
     
Ce que pensent d’Olivier ses nouveaux visiteurs .
     
    Après avoir réitéré à ces dames l’assurance qu’elles seraient agréablement surprises à la vue du criminel, le docteur prit le bras de la jeune demoiselle, offrit la main à M me Maylie, et les conduisit, avec beaucoup de cérémonie, au haut de l’escalier.
    « Maintenant, dit-il à voix basse en tournant doucement la clef dans la serrure, vous allez me dire ce que vous en pensez. Quoique sa barbe ne soit pas fraîchement rasée, il n’en a pas l’air plus féroce. Attendez... laissez-moi voir si vous pouvez entrer. »
    Le docteur entra le premier, jeta un coup d’œil dans la chambre et fit signe aux dames d’avancer : puis il ferma la porte derrière elles, et écarta doucement les rideaux du lit. Sur ce lit, au lieu du scélérat à mine repoussante qu’elles s’attendaient à voir, était étendu un pauvre enfant, épuisé de fatigue et de souffrance, et plongé dans un profond sommeil. Il avait un bras en écharpe, replié sur la poitrine, et il appuyait sur l’autre sa tête à demi cachée par une longue chevelure qui flottait sur l’oreiller.
    L’honnête docteur, tenant le rideau soulevé, resta une minute environ à regarder en silence le pauvre blessé. Tandis qu’il l’examinait, la jeune fille se glissa doucement près de lui, s’assit à côté du lit et écarta les cheveux qui couvraient la figure d’Olivier ; en se penchant sur lui, elle laissa tomber des larmes sur son front.
    L’enfant tressaillit et sourit dans son sommeil, comme si ces marques de pitié et de compassion l’eussent fait rêver d’amour et d’affection qu’il n’avait jamais connus ; de même que les sons d’une musique harmonieuse, le murmure de l’eau dans le silence des bois, le parfum d’une fleur, ou même l’emploi d’un mot qui nous est familier, rappellent parfois à notre imagination le vague souvenir de scènes sans réalité dans notre vie ; souvenir qui se dissipe comme un souffle, et qui semble se rattacher à une existence plus heureuse et passée depuis longtemps : car l’esprit humain est impuissant à le reproduire et à le fixer.
    « Qu’est-ce à dire ? s’écria la vieille dame. Il est impossible que ce pauvre enfant ait été complice des voleurs.
    – Le vice, dit le docteur avec un soupir en laissant retomber le rideau, le vice fait sa demeure dans bien des temples : qui sait s’il ne se cache pas sous cet extérieur séduisant ?
    – Mais il est si jeune ! se hâta de dire Rose.
    – Ma chère demoiselle, continua le chirurgien en secouant tristement la tête, le crime est comme la mort : il n’est pas seulement le partage de la vieillesse et de la décrépitude ; la jeunesse et la beauté sont trop souvent les victimes qu’il choisit de préférence.
    – Mais, monsieur, ce n’est pas possible, dit Rose ; vous ne pouvez pas croire que cet enfant si délicat se soit associé volontairement à des

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