Même pas juif

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Auteur: Jerry Spinelli

Même pas juif
vêtements. Il a posé les neufs et est parti
    fouiller les décombres. Il est revenu avec une jambe de
    mannequin et une brosse à récurer. Il a rempli son réservoir
    improvisé.
    — J’ai pas soif, lui ai-je signalé.
    Il a renversé l’eau sur moi. Il s’est mis à me frotter avec la
    brosse.
    D’abord, j’ai trouvé ça merveilleux. Ensuite, plus du tout.
    Jambe après jambe, il m’a aspergé d’eau. Après m’avoir brossé
    jusqu’à la plante des pieds, il a remis ça sur mon visage. Il
    grognait sous l’effort. Moi, je me tortillais. Je criais. Il
    m’arrachait la peau.
    Enfin, il s’est arrêté.
    — Bébé, va ! s’est-il moqué.
    Il m’a séché avec une chemise. J’ai piaillé parce qu’il me
    faisait mal. Il y est allé plus doucement.
    — T’as jamais pris de bain ? m’a-t-il demandé en me toisant.
    Je lui ai retourné son regard.
    — Je crois pas.
    Puis il m’a habillé d’une chemise propre et d’un pantalon
    trop grand. Quand nous avons émergé des ruines, les gens sur le
    trottoir nous ont dévisagés. Nous avions parcouru la moitié du
    chemin jusqu’à la maison que je me sentais déjà en grande
    forme. Neuf. L’air et le soleil caressaient ma peau. Youri a baissé
    son nez vers mon cou. A reniflé. A hoché la tête.
    De retour dans la cave, nous avons mangé des gâteaux au
    sucre et un bocal de prunes au sirop. Puis il m’a conduit au rez-
    de-chaussée, dans la boutique du barbier. C’était la première
    fois que j’entrais chez un coiffeur. Il avait raison : le propriétaire
    était parti en abandonnant tout derrière lui. Des flacons de
    liquide coloré – vert, rouge, bleu – étaient alignés sur l’étagère,
    en dessous du grand miroir.
    — On ne t’a jamais coupé les cheveux non plus, hein ? m’a
    demandé Youri.
    — Non.
    — Prends place.
    14

    J’ai grimpé sur le fauteuil rouge capitonné. Youri m’a fait
    tourner jusqu’à ce que j’aie le vertige. Il a pompé une pédale, et
    je me suis élevé. Il a secoué une grande cape et m’en a drapé.
    D’une boîte en verre, il a tiré un peigne et des ciseaux et s’est
    mis à coiffer et taillader. Bientôt, mes cheveux ont ressemblé à
    de la fourrure.
    — Bien, a-t-il fini par dire. Lequel ?
    — Lequel ? ai-je répété.
    Il a montré les flacons. Je ne comprenais pas pourquoi on
    m’offrait une boisson après ma coupe de cheveux, mais je ne
    tenais pas à discuter. J’avais appris à ne jamais refuser la
    nourriture.
    — Celui-là, ai-je répondu en montrant le bleu.
    À ma grande surprise, Youri ne m’a pas donné à boire mais
    a versé un peu du liquide bleu sur ma tête. Il a passé ses doigts
    dans mes mèches, puis m’a coiffé. Mes cheveux étaient humides
    et luisants.

    Dehors, les gens se précipitaient çà et là. La plupart
    portaient des pelles.
    — Ils vont à la campagne ? ai-je demandé.
    — Ils creusent des tranchées pour arrêter les chars.
    — C’est quoi, un char ?
    — Tu

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