Médecine chinoise à l'usage des assassins

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Médecine chinoise à l'usage des assassins
I
    Le
mandarin Ti porte le poids d’un bonheur insoutenable ; il résout une
enquête providentielle.
     
     
    Ti se
réveilla de bon matin dans sa belle maison où chacun se dévouait pour lui
depuis qu’il était devenu l’un des premiers collaborateurs de l’État. Ses
épouses vinrent le saluer, toutes trois détendues et prévenantes dans leurs
robes de soie. Leur nouveau mode de vie leur convenait tout à fait. Elles ne
s’occupaient que d’art et de sujets élevés, fréquentaient les nobles dames de
la capitale, envisageaient avec beaucoup d’avance de brillants mariages pour
leurs enfants, et profitaient des distractions inépuisables offertes par cette
ville au sommet de son rayonnement. Après s’être assurées qu’il avait passé une
bonne nuit et lui avoir souhaité une excellente journée, elles le laissèrent
aux soins de leurs nouveaux domestiques, dont il ne connaissait pas le nombre.
Une collation délicieuse lui fut servie, puis ses barbier, coiffeur, tailleur
et chausseur se chargèrent de lui donner l’apparence qui seyait à un personnage
aussi important.
    Il monta
dans son confortable palanquin à huit porteurs orné des glorieux emblèmes de sa
charge. Les avenues larges comme des fleuves coupaient à angle droit les rues
secondaires, à l’intérieur du carré parfait délimité par les puissantes
murailles de la capitale. Dès l’approche de son équipage, les gardes ouvrirent
à deux battants la porte de l’Oiseau-Pourpre, derrière laquelle s’étendait
l’esplanade des ministères. Il vit du coin de l’œil le portier en chef noter
son arrivée sur l’un de ces rapports dont il était impossible d’imaginer que
quelqu’un les lût.
    La
brillante conclusion de son enquête dans les cuisines impériales lui avait valu
un avancement rapide. Sa nouvelle position au gongbu [1] faisait de lui un mandarin du
troisième degré, deuxième classe. Il supervisait à présent la gestion des
forêts de tout le territoire. C’était là une tâche essentielle, le bois étant
une ressource indispensable à la construction et aux chantiers navals.
    Le
pavillon des Travaux publics était un splendide bâtiment à trois étages orné de
statues et d’étendards. Ses secrétaires auxiliaires, copistes et employés de
toutes sortes se pressèrent à sa rencontre dans un ballet de courbettes. Tout
ce petit monde l’escorta jusqu’à son magnifique bureau du département des Eaux
et Forêts, où on le laissa réfléchir en paix aux décisions qu’il convenait de
prendre pour le bien de l’empire éternel.
    Le panneau
de palissandre se referma sur les scribes prêts à recueillir ses moindres
paroles, sur les esclaves en livrée grise, sur les officiers aux cuirasses
rutilantes, sur les huissiers stylés et cauteleux. Son œil erra sur les jades
précieux et les estampes de bon goût qui décoraient la vaste pièce aux lambris
de bois rouge. Par la fenêtre entrouverte, on apercevait les branches des
cerisiers

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