L’HOMME QUI REVIENT DE LOIN

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Auteur: Gaston Leroux

L’HOMME QUI REVIENT DE LOIN
pensées bien profondes, quand le bruit d’une querelle d’enfants, venu de l’ancienne nursery transformée en salle de jeu, leur fit dresser la tête. Ils entendirent distinctement la voix du petit François qui criait :
    – Le château n’est pas à toi !… Le château est à moi !… Tu n’es rien ici !… Ton papa n’est rien ! Ta maman n’est rien !… Vous êtes tous des domestiques de papa !
    En proie à une irritation folle, l’enfant accompagnait cette déclaration de bris de meubles. D’autres cris d’enfants lui répondaient.
    Fanny s’était levée brusquement dans une agitation telle que Jacques crut bon de la retenir.
    – Je t’en prie ! Du sang-froid ! Reste ici !…
    Il lui serrait fortement le poignet, et elle obéit à cette autorité ; elle ne le suivit pas, mais quand il fut parti, une expression de rage enfantine et terrible se répandit sur son beau visage, cependant qu’elle aussi, comme les petits là-bas, brisait des objets autour d’elle et éclatait en sanglots.
    C’est dans cet état qu’il la retrouva et il en fut bouleversé.
    – Ma petite Fanny, tu vas te rendre malade ?
    Et il serra dans ses bras, la dorlota comme une pauvre petite chose fragile.
    – Ça n’est pas sérieux, voyons, chère Fanny, ça n’est pas sérieux !…
    Elle finit par se calmer, par pouvoir prononcer quelques paroles…
    – C’est épouvantable… on a pu l’entendre… nos invités…
    – Mais non ! mais non ! rassure-toi…
    – L’avez-vous corrigé, au moins, cet abominable François ?
    – Non !… Je lui ai dit : « C’est vrai, François, ton papa reviendra dans son beau château et je lui dirai que tu as été méchant. » Cela l’a fait taire. Ne fallait-il pas le faire taire, d’abord ? N’est-ce pas votre avis ?
    – Vous avez toujours raison, Jack, acquiesça Fanny d’une voix subitement étrangement douce, et elle tamponna ses yeux, aux belles paupières meurtries.
    – Tout ceci, fit-il, est encore la faute de cette Fräulein stupide, qui s’amuse à exciter entre eux les deux petits garçons. M lle Hélier me l’a dit : « Vous verrez qu’il nous faudra renvoyer Lydia. »
    – Jamais ! protesta Fanny. C’est moi qui ai choisi Lydia et Lydia aime trop notre Jacquot. Votre demoiselle Hélier ne pense qu’à Germaine et à son François. Me prenez-vous pour une sotte, darling  ?
    – Je voudrais tant que ces petits s’entendent entre eux.
    – Vous voulez la chose impossible, petit tchéri ; mon Dieu ! combien vieille je suis ! Laissez-moi à ma toilette et allez vous habiller, cher !
    Elle le mit à la porte, et elle eut encore une crise quand il fut parti ; puis elle appela Katherine et passa une heure avec sa femme de chambre à réparer le désordre de son désespoir.

III
 
M. ET MME SAINT-FIRMIN
     
    Les joies que procurèrent à Fanny une robe à l’extrême dernière mode, arrivée de la rue de la Paix par le dernier train, l’eurent bientôt

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