Les vacances du petit Nicolas

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Auteur: Sempé-Goscinny

Les vacances du petit Nicolas
fatigué
du voyage, va te reposer dans ta chambre.
    — Mais je ne suis pas fatigué, j’ai dit.
    — Alors va jouer, m’a dit papa.
    — Avec qui ? j’ai dit.
    — Avec qui, avec qui, en voilà une question ! a
dit papa. Avec personne, je suppose.
    — Moi je sais pas jouer tout seul, j’ai dit, c’est pas
juste, à la colo, on était des tas de copains et il y avait toujours des choses
à faire.
    Alors papa a mis le journal sur ses genoux, il m’a fait les
gros yeux et il m’a dit : « Tu n’es plus à la colo ici, et tu vas me
faire le plaisir d’aller jouer tout seul ! » Alors moi je me suis mis
à pleurer, maman est sortie en courant de la cuisine, elle a dit :
« Ça commence bien », elle m’a consolé et elle m’a dit qu’en
attendant le déjeuner, j’aille jouer dans le jardin, que peut-être je pourrais
inviter Marie-Edwige qui venait de rentrer de vacances. Alors je suis sorti en
courant pendant que maman parlait avec papa. Je crois qu’ils parlaient de moi,
ils sont très contents que je sois revenu.
    Marie-Edwige, c’est la fille de M. et Mme Courteplaque, qui
sont nos voisins. M. Courteplaque est chef du rayon de chaussures aux
magasins du « Petit Épargnant », troisième étage, et il se dispute
souvent avec papa. Mais Marie-Edwige, elle est très chouette, même si c’est une
fille. Et là, c’était de la veine, parce que quand je suis sorti dans notre
jardin, j’ai vu Marie-Edwige qui jouait dans le sien.
    — Bonjour Marie-Edwige, j’ai dit, tu viens jouer dans
le jardin avec moi ?
    — Oui, a dit Marie-Edwige, et elle est passée par le trou
dans la haie que papa et M. Courte-plaque ne veulent pas arranger parce
que chacun dit que le trou est dans le jardin de l’autre. Marie-Edwige, depuis
que je l’ai vue la dernière fois avant les vacances, est devenue toute foncée,
et avec ses yeux tout bleus et ses cheveux tout blonds, ça fait très joli. Non,
vraiment, même si c’est une fille, elle est très chouette, Marie-Edwige.
    — T’as passé de bonnes vacances ? m’a demandé
Marie-Edwige.
    — Terribles ! je lui ai dit. J’étais dans une
colo, il y avait des équipes, et la mienne c’était la meilleure, elle
s’appelait « Œil-de-Lynx » et c’était moi le chef.
    — Je croyais que les chefs c’étaient des grands, m’a
dit Marie-Edwige.
    — Oui, j’ai dit, mais moi, j’étais l’aide du chef, et
il ne faisait rien sans me demander. Celui qui commandait vraiment, c’était
moi.
    — Et il y avait des filles, dans la colo ? m’a
demandé Marie-Edwige.
    — Peuh ! j’ai répondu, bien sûr que non, c’était
trop dangereux pour les filles. On faisait des choses terribles, et puis moi,
j’ai dû en sauver deux qui se noyaient.
    — Tu racontes des blagues, m’a dit Marie-Edwige.
    — Comment des blagues ? j’ai crié. C’est pas deux
fois, mais trois, j’en avais oublié un. Et puis à la pêche, c’est moi qui ai
gagné le concours, j’ai

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