Les saints innocents

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Auteur: Sedley,Kate

Les saints innocents
rappelait :
    — Colporteur !
    Je me retournai, l’air interrogateur. Le bûcheron
souriait :
    — Attention à toi ! Les femmes des villages sont
descendues en force par ici.
    Je devais avoir l’air très bête car il ajouta avec
impatience :
    — C’est le lundi de Quasimodo !
    Plus d’une semaine s’était déjà écoulée depuis Pâques !
Il semblait bien que j’avais perdu la notion du temps. Je levai la main :
    — Merci de m’avoir averti, l’ami ! J’ouvrirai
l’œil ! Est-ce que tu t’es déjà fait coincer ?
    Il secoua la tête :
    — J’ai fait un grand détour mais, à cette heure, il n’y
a plus moyen de les éviter. Elles se lèvent toutes aux aurores le jour des
Gages [2] . Sûr que je me ferai moi aussi
prendre avant la nuit !
    Mais il parlait avec gaieté, comme un homme qui attend
impatiemment l’épreuve.
    — Et, bien sûr, dis-je, toi et les hommes, vous pourrez
vous venger demain !
    Un regard de rapace luisait dans les yeux du bûcheron quand
il prit congé :
    — Je peux pas passer toute la journée à causer. Le travail
attend. Je te souhaite bonne chance aux mains des femmes, fit-il avec un clin
d’œil. Un beau grand gars comme ça ! Une fois qu’elles t’auront piégé,
elles te laisseront pas filer facilement. Je crois bien deviner le genre de
gage qu’elles vont exiger de toi !
    Son gros rire résonnait encore après qu’il eut disparu dans
les bois. Le soleil, qui chauffait déjà sérieusement, laissait présager un de
ces jours d’avril parfois plus étouffants que ceux du plein été, tellement le
temps est capricieux sur cette île. J’entamai l’escalade du versant devant
moi ; les arbres s’espaçaient et devenaient moins gros le long du sentier
puis il n’en demeura qu’un ou deux qui bordaient le chemin défoncé. Ayant
rempli ma balle auprès d’un navire qui mouillait dans la rade de Dartmouth,
j’étais lourdement chargé et j’avançais tête basse, attentif à l’endroit où je
mettais les pieds pour ne pas trébucher ou me tordre une cheville. J’avais
heureusement un solide bâton, ma fidèle « cape de Plymouth », comme
on appelle dans la région cette sorte d’arme, si bien que j’arrivai sans ennui
au bout de l’escalade. Néanmoins, j’étais fatigué quand je parvins au sommet et
mon attention s’était relâchée…
    Tout à coup, quelque chose entrava mes jarrets et je
m’affalai tête la première dans la boue. Je restai là quelques secondes, le
souffle court, essayant de rassembler mes esprits et me demandant ce qui
m’était arrivé. Je me posais toujours cette question quand des hurlements de
rire retentirent et je me découvris environné de femmes. Tout ce que je pouvais
en voir, à plat ventre, c’était l’ourlet de leur jupe et leurs chaussures. Je
réussis à me mettre à quatre pattes, péniblement conscient du ridicule de ma
position et tout bouillant de rage. J’avais été pris aux jarrets et devais à
présent

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