Les Louves de Machecoul - Tome I

Lire ebook Les Louves de Machecoul - Tome I
Auteur: Alexandre Dumas
et les joies effrénées des enfers de Londres avaient absorbé la sève surabondante que pouvait avoir son amant ; il avait vieilli avant l’âge.
    Effectivement, le jour où le marquis de Souday s’aperçut que son amour pour Eva n’était plus qu’un feu éteint, ou du moins bien près de s’éteindre ; le jour où les baisers de la jeune femme se trouvèrent impuissants, non pas à le rassasier, mais à le réveiller, l’habitude avait pris sur son esprit un tel ascendant, que, quand bien même il eût cédé au besoin de chercher des distractions au-dehors, il n’eût plus trouvé en lui ni la force ni le courage de rompre une liaison dans laquelle son égoïsme trouvait les monotones satisfactions du jour le jour.
    Ce ci-devant viveur, dont les ancêtres avaient eu, pendant trois siècles, droit de haute et basse justice dans leur comté ; cet ex-
brigand
, aide de camp du
brigand
Charette, mena ainsi, pendant douze ans, l’existence triste, précaire, souffreteuse, d’un modeste employé, ou d’un artisan plus modeste encore.
    Le ciel avait été longtemps sans se décider à bénir cette union illégitime ; mais enfin les vœux que formait depuis douze ans Eva furent exaucés. La pauvre femme devint enceinte et donna le jour à deux jumelles.
    Malheureusement, Eva ne jouit que quelques heures de ces joies maternelles qu’elle avait tant souhaitées : la fièvre de lait l’emporta.
    Sa tendresse pour le marquis de Souday était aussi vive et aussi profonde, après ces douze années, qu’aux premiers jours de leur liaison ; cependant son amour, si grand qu’il fût, n’avait pu l’empêcher de reconnaître que la frivolité et l’égoïsme faisaient le fond du caractère de son amant ; aussi mourut-elle partagée entre la douleur de dire un éternel adieu à cet homme tant aimé et la terreur de voir entre ses mains frivoles l’avenir de ses deux enfants.
    Cette perte produisit sur le marquis de Souday des impressions que nous reproduirons minutieusement, parce qu’elles nous semblent donner la mesure de l’humeur de ce personnage, destiné à jouer un rôle important dans le récit que nous entreprenons.
    Il commença par pleurer sérieusement et sincèrement sa compagne ; car il ne pouvait s’empêcher de rendre hommage à ses qualités et de reconnaître le bonheur qu’il avait dû à son affection.
    Puis, cette première douleur apaisée, il éprouva un peu de la joie de l’écolier qui se sent débarrassé de ses entraves. Un jour ou l’autre, son nom, son rang, sa naissance, pouvaient rendre nécessaire la rupture de ce lien ; le marquis n’en voulait donc pas trop à la Providence de s’être chargée d’un soin qui lui eût été cruel.
    Mais cette satisfaction fut courte ; la tendresse d’Eva, la continuité des petits soins dont il était l’objet avaient gâté le marquis, et ces petits soins, qui lui manquaient tout à coup, lui parurent plus nécessaires qu’autrefois ils ne lui avaient

Lire des autres livres

Mais ce dernier s’empara soudainement du vase délicat et précieux et, après avoir bu la gorgée de quinquina que contenait la coupe placée devant lui, il inclina lentement la tête du palmipède et fit couler dans le récipient un fin filet d’eau dont le bruit harmonieux rappelait celui de la fontaine.... Puis...
Le mystere de noel
    C’est probablement la décision la plus irréfléchie que j’ai prise de ma vie, pensa Fleur en regardant par la fenêtre du bus dans lequel elle était montée à Concord, dans le New Hampshire. Elle s’était fait une fête de passer Noël avec Duncan. Tous deux avaient émis le souhait qu’elle assiste au... Puis...
Le premier Fulgur
« Que crois-tu que nous devions faire à son sujet ? — Murgatroyd. Oui… oui… » Samms tira sur sa cigarette et en expira lentement la fumée, la regardant se dissiper dans l’air. « Ah oui, Murgatroyd », et il se remit à tirer sur sa cigarette. « À mon avis, pour le moment du moins, laissons-le tranquil... Puis...
On avait peur encore, au redoublement de l’accès. Mais le danger était passé cependant, la maladie était vaincue. Oh ! ces heures chaudes du milieu du jour, les heures qui pèsent le plus aux malades ! Ceux-là qui ont eu la fièvre au bord de ces fleuves d’Afrique les connaissent, ces heure... Puis...
Homère : Oeuvres complètes
Et un mur d'airain qu'on ne peut rompre entourait l'île entière, et une roche escarpée la bordait de toute part. Douze enfants étaient nés dans la maison royale d'Aiolos : six filles et six fils pleins de jeunesse. Et il unit ses filles à ses fils afin qu'elles fussent les femmes de ceux-ci, et tous... Puis...