Les Louves de Machecoul - Tome I

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Auteur: Alexandre Dumas
champagne, et fit cas de ces filles enrubannées de Grosvenor et de Haymarket, lui qui avait eu à choisir pour ses premières amours parmi des duchesses !
    Bientôt, la facilité de ses principes et les besoins sans cesse renaissants de la vie l’amenèrent à des compositions dont sa réputation se trouva mal ; il accepta ce qu’il ne pouvait plus payer ; il fit ses amis de compagnons de débauche d’une classe inférieure à lui ; il en résulta que ses camarades d’émigration se détournèrent de lui, et, par la pente toute naturelle des choses, plus l’isolement se faisait autour de sa personne, plus le marquis de Souday s’enfonçait dans la mauvaise voie où il était entré.
    Il y avait deux ans qu’il menait cette existence, lorsque le hasard lui fit rencontrer, dans un tripot de la Cité dont il était un des hôtes les plus assidus, une jeune ouvrière qu’une de ces hideuses créatures qui pullulent à Londres arrachait de sa mansarde et produisait pour la première fois.
    Malgré les changements que la mauvaise fortune avait apportés en lui, la pauvre jeune fille reconnut cependant un reste de seigneurie ; elle se jeta en pleurant aux pieds du marquis, le suppliant de la sauver de la vie infâme à laquelle on voulait la consacrer et pour laquelle elle n’était point faite, ayant été sage jusque-là.
    La jeune fille était belle ; le marquis lui offrit de le suivre.
    La jeune fille se jeta à son cou, et promit de lui donner tout son amour, de lui consacrer tout son dévouement.
    Sans avoir le moins du monde l’intention d’accomplir une bonne action, le marquis fit donc échouer la spéculation échafaudée sur la beauté d’Eva.
    La malheureuse enfant s’appelait Eva.
    Elle tint parole, la pauvre et honnête fille qu’elle était : le marquis fut son premier et son dernier amour.
    Au reste, le moment était heureux pour tous deux. Le marquis commençait à se fatiguer des combats de coqs, des aigres vapeurs de la bière, des démêlés avec les constables et des bonnes fortunes de carrefour ; la tendresse de cette jeune fille le reposa ; la possession de cette enfant, blanche comme les cygnes qui ont été l’emblème de la Grande-Bretagne, sa patrie, satisfit l’amour-propre de M. de Souday. Peu à peu, il changea donc d’existence, et, sans revenir aux habitudes d’un homme de son rang, au moins la vie qu’il adopta fut-elle la vie d’un honnête homme.
    Il se réfugia avec Eva dans une mansarde de Piccadilly. La jeune fille savait très bien coudre ; elle trouva du travail chez une lingère. Le marquis donna des leçons d’escrime.
    A partir de ce moment, ils vécurent un peu du modique produit des leçons du marquis et des travaux d’Eva, beaucoup du bonheur qu’ils trouvaient dans un amour devenu assez puissant pour dorer leur indigence.
    Et cependant cet amour, comme toutes les choses mortelles, s’usa, mais à la longue.
    Heureusement pour Eva que les émotions de la guerre vendéenne

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