Les Louves de Machecoul - Tome I

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Auteur: Alexandre Dumas
lui.
    L’ex-page dut attendre que Sa Majesté eût dîné.
    Après le dîner, il fut introduit.
    Il raconta les événements qu’il avait vus se dérouler sous ses yeux, et surtout la dernière catastrophe, avec une telle éloquence, que Sa Majesté, qui cependant était assez peu impressionnable, fut impressionnée au point de lui dire :
    – Assez, assez, marquis ! Oui, le chevalier de Charette était un brave serviteur, nous le reconnaissons.
    Et il lui fit signe de se retirer.
    Le messager obéit ; mais, en se retirant, il entendit le roi qui disait d’un ton maussade :
    – Cet imbécile de Souday qui vient me raconter ces choses-là après dîner ! C’est capable de troubler ma digestion !
    Le marquis était susceptible ; il trouva que, après avoir exposé sa vie pendant six mois, être appelé imbécile par celui-là même pour qui il l’avait exposée, était une médiocre récompense.
    Il lui restait une centaine de louis dans sa poche ; il quitta le même soir Blankenbourg, en se disant :
    – Si j’avais su être reçu de cette façon-là, je ne me serais pas donné tant de peine pour venir !
    Il regagna la Hollande, et, de la Hollande, passa en Angleterre. Là commença une nouvelle phase de l’existence du marquis de Souday. Il était de ces hommes que les circonstances façonnent selon leurs besoins ; qui sont forts ou faibles, valeureux ou pusillanimes selon le milieu où le hasard les jette. Pendant six mois, il s’était mis au niveau de cette terrible épopée vendéenne : il avait teint de son sang les buissons et les landes du haut et du bas Poitou ; il avait supporté avec une constance stoïque non-seulement la mauvaise chance des combats, mais encore toutes les privations qui résultaient de cette lutte de guérillas, bivouaquant dans les neiges, errant sans pain, sans vêtements, sans asile dans les forêts boueuses de la Vendée ; jamais il n’avait eu une pensée pour les regrets, une parole pour la plainte !
    Eh bien, avec tous ces antécédents, isolé au milieu de cette grande ville de Londres, où il errait tristement, en regrettant les jours de lutte, il se trouva sans courage en face du désœuvrement, sans constance en face de l’ennui, sans énergie en face de la misère qui l’attendait dans l’exil.
    Cet homme, qui avait bravé les poursuites des colonnes infernales, ne sut pas résister aux méchantes suggestions de l’oisiveté ; il chercha le plaisir partout et à tout prix, pour combler le vide qui s’était fait dans son existence depuis qu’il n’avait plus, pour l’occuper, les péripéties d’une lutte exterminatrice.
    Or, ces plaisirs que demandait l’exilé, il était trop pauvre pour les choisir d’un ordre bien relevé : aussi, peu à peu, perdit-il de cette élégance de gentilhomme que l’habit de paysan porté pendant plus de deux mois n’avait pas pu amoindrir, et, avec cette élégance, la distinction de ses goûts ; il compara l’ale et le porter au

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