Les Fabricants d'Eden

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Auteur: Herbert,Frank

Les Fabricants d'Eden
1.
    Rempli de
sombres pressentiments et soumis aux pires tensions qu’un Chem adulte ait
jamais supportées, Kelexel, l’Investigateur, plongea dans l’océan où se tenait
caché l’historia-nef. Son véhicule fusiforme se fraya un passage au-delà de la
barrière qui se dressait, telle une rangée de pattes d’insecte, au cœur de la
pénombre verte, et se posa sur la grande et grise plate-forme d’atterrissage.
    Arrivaient
et décollaient à l’entour les disques et les sphères des équipes de travail
dont les lumières jaunes palpitaient. Là-haut, à la surface, c’était le petit
matin et Fraffin le Directeur, au cœur de sa nef, composait une histoire.
    Etre
ici , pensa Kelexel. Etre réellement sur le monde de
Fraffin .
    Il avait
l’impression de connaître intimement ce monde - toutes ces heures passées
devant le senso-total, à contempler les histoires que Fraffin racontait, se
déroulèrent devant ses yeux. Les données de base indispensables à sa mission,
lui avait-on dit. Mais quel Chem n’aurait accepté – et de grand
cœur – de changer de place avec lui, maintenant.
    Etre
sur le monde de Fraffin !
    Cette
aube, là-haut – il en avait souvent contemplé de semblables, filmées par
les opérateurs de Fraffin : le ciel tourmenté, des colonnes de nuées sur
coussins d’or. Et ces créatures ! Il croyait entendre la voix hésitante
d’une vieille prêtresse murmurant aux pieds d’un Chem campé comme un dieu.
Ah ! Des femmes fondantes comme le beurre, prodigues de baisers piquants.
    Mais ces
temps avaient disparu – sauf sur les bobines de Fraffin. On avait poussé
les créatures de ce monde dans de nouvelles voies tout aussi excitantes.
    Dans les
affres où le plongeait le souvenir des histoires de Fraffin, Kelexel perçut sa
propre ambiguïté.
    Je ne
dois pas faiblir , pensa-t-il.
    A cette
pensée était associée l’image d’un geste grandiloquent (une main sur la poitrine)
et Kelexel se permit un gloussement intérieur. C’est à Fraffin qu’il devait
cela. Fraffin avait enseigné à plus d’un Chem à mieux se connaître.
    En dépit
de la confusion qui semblait régner sur la plate-forme d’atterrissage,
l’Aiguilleur remarqua presque tout de suite Kelexel et envoya un robot
au-devant de lui. Faisant face à son œil unique, Kelexel s’inclina et
dit : « Je suis un visiteur. Kelexel est mon nom. »
    Il n’avait
pas besoin de préciser qu’il était un riche visiteur. Son véhicule et ses vêtements
parlaient pour lui. Il portait des collants, une tunique et une cape tout
usage, taillés en vue du confort, dans un tissu insalissable, du vert reposant
de la forêt. Cette vêture prêtait à sa silhouette trapue, aux jambes torses,
une somptueuse dignité, faisait ressortir sa peau argentée de Chem des Chems et
attirait l’attention sur son lourd visage aux méplats ossus, aux pénétrants
yeux bruns enfoncés dans leurs orbites.
    Le
véhicule, qu’il laissa dans un silo, sous les

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