L'Empire de Nyphron

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L'Empire de Nyphron
capuche noire lui couvrait le visage. Il avait des chaînes aux mains et aux chevilles, mais les hommes le traitaient avec précaution, comme s’il risquait d’exploser à tout instant.
    Quatre hommes se placèrent de chaque côté et l’escorte traversa la cour, hors de vue de l’étroite fenêtre.
    Le véhicule recula et les hommes refermèrent les portes du palais derrière lui. Modina observa encore la place vide pendant plus d’une heure jusqu’à sombrer de nouveau dans le sommeil.
     
    La charrette cahotait dans la nuit sur la route irrégulière de la colline, suivant une mince tranche de ciel entre les murs de la forêt. Le cliquetis des harnais, le claquement des sabots et le fracas des roues dominaient tous les autres bruits. L’air nocturne était saturé par les odeurs d’eau stagnante et de sécrétions de moufette.
    Arcadius, le maître des Savoirs Anciens de Sheridan, regarda par la fenêtre ouverte et frappa le plafond de son bâton de marche jusqu’à ce que le cocher arrête l’attelage.
    — Qu’y a-t-il ? demanda le conducteur.
    — Cela ira, annonça le magicien en saisissant un sac qu’il glissa à son épaule.
    — Comment cela ?
    — Je descends ici, précisa Arcadius qui ouvrit la petite porte et descendit prudemment sur la route désertique. Oui, c’est très bien.
    Il referma la porte et tapota doucement le côté du carrosse comme le flanc d’un cheval.
    Le maître des Savoirs Anciens se dirigea vers l’avant du véhicule. Le cocher était assis sur un siège en hauteur, son manteau relevé autour du cou, un chapeau informe tiré sur les oreilles. Il tenait entre les cuisses une petite cruche bouchonnée.
    — Mais il n’y a rien ici, monsieur, insista le conducteur.
    — Ne soyez pas stupide, bien sûr que si. Vous êtes ici, et moi aussi. (Arcadius ouvrit son sac.) Et voyez, il y a de fort jolis arbres et cette excellente route sur laquelle j’ai voyagé.
    — Mais nous sommes au milieu de la nuit, monsieur.
    Arcadius leva la tête.
    — En effet, regardez ce magnifique ciel étoilé. C’est splendide, vous ne trouvez pas ? Connaissez-vous les constellations, mon brave ?
    — Non, monsieur.
    — Dommage.
    Le magicien compta quelques pièces d’argent et les remit au cocher.
    — Tout y est, vous savez. Les guerres, les héros, les bêtes et les êtres mauvais, le passé et l’avenir étalés devant nous chaque nuit en une carte étincelante. (Il désigna un point du doigt.) Cet ensemble long et élégant de quatre étoiles brillantes est Perséphone, et elle se trouve, bien sûr, toujours près de Novron. Si vous suivez la ligne qui ressemble au bras de Novron, vous verrez qu’ils se touchent presque… des amants impatients d’être enfin réunis.
    Le cocher leva les yeux.
    — Pour moi, c’est juste de la poussière répandue.
    — C’est l’avis de beaucoup trop de personnes.
    Le conducteur considéra le magicien et fronça les sourcils.
    — Vous êtes sûr ? Vous voulez que je vous

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