L'Empire de Nyphron

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L'Empire de Nyphron
finissait toujours par la rattraper.
    Elle faisait le même rêve chaque nuit. Elle se trouvait sur la colline, son père n’avait aucune idée de la mort qui le guettait et elle ne pouvait jamais rien faire pour l’empêcher. Mais ce cauchemar était différent. D’ordinaire, le rêve s’achevait lorsqu’elle était dévorée. Mais cette fois, elle s’était réveillée tôt. Il y avait une autre différence. Lorsque la bête était venue cette nuit, elle avait émis un couinement, et même pour un cauchemar, il était étrange.
    Elle l’entendit de nouveau. Le son lui parvenait par la fenêtre.
    Scouic… Scouic… Scouic !
    Il y avait aussi d’autres sons, des voix d’hommes. Ils parlaient bas, mais leur conversation montait de la cour. La jeune fille alla à la fenêtre et jeta un coup d’œil. Une bonne dizaine d’hommes portant des torches amenaient une charrette dont les grandes roues de bois grinçaient à chaque tour. C’était une caisse imposante avec une fenêtre barrée sur le côté, comme pour enfermer les lions d’un cirque ambulant. Les hommes portaient des armures noires et écarlates. L’impératrice avait déjà vu des tenues semblables, à Dahlgren.
    L’un des hommes se distinguait des autres. Il était grand et mince avec de longs cheveux noirs et une courte barbe soigneusement taillée.
    La charrette s’arrêta et les chevaliers se rassemblèrent.
    — Il est enchaîné, n’est-ce pas ? demanda l’un d’eux.
    — Pourquoi ? Tu as peur ?
    — Ce n’est pas un magicien, intervint le meneur d’un air renfrogné. Il ne va pas te changer en crapaud. Ses pouvoirs ne sont que politiques, pas mystiques.
    — Allons, Luis, même Saldur a recommandé de ne pas le sous-estimer. Des légendes circulent, sur d’étranges facultés. Il est à moitié un dieu.
    — Tu crois trop en la doctrine religieuse. Nous sommes les défenseurs de la foi. Il n’est pas question de verser dans la superstition comme un paysan ignorant.
    — Cela ressemble à un blasphème.
    — La vérité ne peut être un blasphème, du moment qu’elle est tempérée par une juste compréhension du bien et du mal. La vérité est une chose puissante, comme une arbalète. Tu ne confierais pas une arbalète armée à un enfant avant de l’envoyer courir et s’amuser, n’est-ce pas ? Des gens sont tués ainsi, les tragédies font partie de la vie. La vérité doit être préservée, réservée uniquement à ceux qui sont capables de la supporter. Ce… ce trésor sacrilège dans sa boîte est une vérité qui doit, plus que toutes, être gardée secrète. Il ne doit plus revoir la lumière du jour. Nous l’enterrerons dans les profondeurs du palais. Nous scellerons toutes les issues, à jamais, et il deviendra la pierre angulaire sur laquelle nous bâtirons un nouvel et glorieux empire qui éclipsera le précédent et lavera les péchés de nos pères.
    La jeune fille les vit ouvrir l’arrière de la charrette et en sortir un homme. Une

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