Le loup des plaines

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Auteur: Conn Iggulden

Le loup des plaines
 
Prologue
    Il tombait une neige aveuglante tandis que les archers
mongols encerclaient la petite bande de pillards tatars. Chaque guerrier, guidant
son cheval de ses genoux, se dressait sur ses étriers pour décocher flèche
après flèche avec une précision foudroyante. Ils étaient sombres et silencieux,
le bruit des sabots de leurs montures lancées au galop couvrait seul les cris
des blessés et le vent hurlant. Impossible pour les Tatars d’échapper à la mort
qui s’abattait en sifflant des flancs de la mêlée. Leurs chevaux s’effondraient
en grognant, rejetant par les naseaux un sang rouge vif.
    D’un affleurement rocheux gris-jaune, Yesugei observait la
bataille, recroquevillé dans ses fourrures. Tel un démon rugissant sur la
plaine, le vent lui glaçait la peau là où elle avait perdu sa protection de
graisse de mouton. Il n’avait cependant pas l’air de souffrir du froid. Il le
supportait depuis tant d’années qu’il n’était même plus sûr de le sentir encore.
C’était simplement un aspect de sa vie, comme d’avoir des hommes prêts à
chevaucher sur son ordre ou des ennemis à tuer.
    Force lui était de le reconnaître malgré le mépris qu’il
leur vouait, les Tatars ne manquaient pas de courage. Yesugei les vit se
regrouper autour d’un jeune guerrier dont il entendait les cris de ralliement
emportés par le vent. L’homme portait une cotte de mailles que Yesugei voulait
faire sienne. Par ses ordres brefs, le Tatar empêchait les pillards de se
disperser et Yesugei comprit que le moment était venu. Son arban de neuf
hommes, les meilleurs de la tribu, frères de sang et féaux, le sentit aussi. Ils
avaient gagné le précieux corselet qui les protégeait, cuir bouilli orné de la
forme bondissante d’un jeune loup.
    — Êtes-vous prêts, mes frères ? leur demanda-t-il
en se tournant vers eux.
    L’une des juments poussa un hennissement excité et Eeluk, le
premier des guerriers de Yesugei, eut un petit rire.
    — Nous les tuerons pour toi, dit-il en caressant les
oreilles de la bête.
    Yesugei donna du talon et tous se mirent à trotter sans
effort vers la bataille qui faisait rage sous la neige. De leur promontoire, ils
mesuraient la force du vent. Avec une crainte respectueuse, Yesugei voyait les
bras du père ciel s’enrouler en longues écharpes blanches, lourdes de glace, autour
des frêles combattants.
    Ils passèrent du trot au galop sans que leur formation se
désunisse, chacun, sans même y penser, estimant la distance avec ce qui l’entourait
comme il le faisait depuis des années. Ils ne pensaient qu’à la meilleure façon
de tailler l’ennemi en pièces et de laisser son cadavre froid dans la steppe.
    L’ arban de Yesugei enfonça le centre de la mêlée, droit
sur le chef qui s’était révélé à l’ultime moment. S’ils le laissaient vivre, il
deviendrait peut-être un flambeau que toute sa tribu suivrait. Yesugei sourit
lorsque son cheval percuta le premier ennemi.
    Le

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