Le Grand Secret

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Auteur: René Barjavel

Le Grand Secret
pendant leur existence actuelle, pour leur épargner
des blessures et des saignements. Si peu que ce soit. Ce qu’ils peuvent…
    Ce que l’homme au bout du fil avait à
dire à Nehru était si grave qu’il ne voulait pas courir le risque qu’un seul
mot fût surpris au téléphone. Il demandait au Pandhit de venir, sans perdre une
minute. Le sort du monde, et peut-être plus , dépendait de la diligence
qu’il mettrait à venir, et à prendre, ensuite, les décisions.
    Nehru raccrocha et resta quelques
instants silencieux. Il était vêtu d’une tunique blanche, et portait, à la
troisième boutonnière à partir du col, une rose rouge. Ses ministres le
regardaient et attendaient en silence qu’il voulût bien parler. Sans regarder
personne il réfléchissait, un très mince sourire demeurant sur ses lèvres,
marque de sa constante courtoisie. Il souriait même en dormant, dans la nuit la
plus noire, par courtoisie envers la lumière, et envers son contraire.
    Enfin il regarda les hommes réunis autour
de la table et s’excusa de devoir les quitter. Pour des raisons d’ordre privé
il devait se rendre à Bombay sans perdre une minute. Qu’ils veuillent bien
poursuivre sans lui l’examen des problèmes du Bihar.
    Il sortit, et ils poursuivirent, et le
Bihar continua à se dessécher, et il n’aurait rien fait d’autre si Nehru était
resté assis.
    L’avion personnel du Premier ministre
volait vers Bombay. L’homme auprès de qui il se rendait était un vieillard, un
ami de son père. Nehru éprouvait pour lui autant de respect que d’admiration.
C’était à la fois un savant et un saint. Il était parvenu à ce degré de
purification intérieure où il lui était impossible de prononcer une parole
fausse, ou inutile, ou même légère. C’était pourquoi le Pandhit venait.
    Naturellement, les téléphones du
gouvernement indien, comme ceux de tous les gouvernements du monde, étaient
écoutés. Trois services secrets savaient déjà que Nehru se rendait à Bombay
pour y entendre une communication « dont pouvait dépendre le sort du monde ».
Avant même que l’avion eût décollé de New Delhi, des messages codés partaient
dans toutes les directions : avertir les gouvernements, prévenir les
correspondants de Bombay, se renseigner sur l’auteur du coup de téléphone,
prendre les dispositions pour connaître ce qui allait être dit, se procurer
tous documents, échantillons, photos, renseignements concernant l’objet de
l’entretien…
    Ces messages furent interceptés et
décodés par d’autres espions, et à la fin de la journée tous les services
secrets étaient sur l’affaire. C’est ainsi que commença une formidable et
obscure bataille qui devait durer des années et faire de nombreuses victimes
parmi les membres des services de renseignement. Mais bien qu’ils aient eu
maintes fois la preuve de l’importance fantastique de ce qu’ils pourchassaient,
à aucun moment de leur long combat, aucun des agents

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