Le cri de l'oie blanche

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Le cri de l'oie blanche
brume matinale qui commençait à
essayer de se lever elle aussi, la silhouette de Saint-Tite. Elle s’étira
discrètement, puis porta les mains à sa nuque et essaya, tant bien que mal, de
remettre en place son chignon défait qui lui pendait dans le cou. Elle retint
entre ses lèvres chacune des pinces au fur et à mesure qu’elle les arrachait de
ses cheveux noués, puis les recracha une par une aussitôt qu’elle eut décidé de
l’endroit sur sa tête qui, ce matin, accueillerait le chignon. Son âme étant
partout sauf en elle, elle décida qu’aujourd’hui elle porterait le chignon
haut, pour se donner ne fût-ce que l’illusion que sa tête suivrait.
    Rolande, devant elle, s’agita et ouvrit les
yeux. Elle grimaça d’inconfort et de crainte, son petit esprit de bébé mettant
plus de temps à reconnaître les lieux. Voyant que sa langue commençait à
trembler, Émilie s’empressa de dire « chuuuut », ce qui attira le
regard de Rolande. Elle vit enfin sa mère et sourit, toute crainte évanouie.
Émilie lui rendit son sourire et monta son chignon encore plus haut.
    Elle se leva aussitôt qu’elle sentit les roues
commencer à glisser sur la voie plutôt que d’y rouler, signal que quelqu’un
essayait d’arrêter la course nocturne du train. Le chef de train releva sa
casquette et lui indiqua qu’ils arriveraient sous peu en lui montrant dix
doigts. Émilie fit un signe d’assentiment. Elle enfila ses chaussures, les laça
puis frotta énergiquement ses jupes pour en effacer les rides de ses mauvais
rêves. Elle se pencha vers un de ses sacs, un immense sac de cuir muni d’une
poignée en écaille de tortue que sa mère lui avait donné, en tira un lange et
une débarbouillette. Elle se dirigea vers la salle d’eau, l’humecta et
revint à toute vitesse vers Rolande qui la cherchait des yeux. Elle s’empressa
de la langer en lui chatouillant le tour du nombril comme elle le faisait
toujours. Rassurée, Rolande émit un gargouillis de plaisir. Émilie rangea la
couche souill ée et la débarbouillette puis se
dirigea vers les autres banquettes. Elle réveilla chacun des enfants en leur
secouant une épaule. En moins d’une minute, ils eurent tous le nez collé à la
fenêtre, poussant des gloussements de plaisir à la vue du décor qui leur était
si familier. Émilie dut interrompre leur joie car déjà le train faisait entendre
sa cloche.
    – Il va falloir qu’on se dépêche. J’ai
dormi un peu trop longtemps. Prenez chacun un sac ou une valise. On est
arrivés.
    Les enfants s’animèrent. Elle leur demanda de
rester assis, craignant que le train ne s’arrête brusquement. Les enfants le
firent du bout des fesses , le reste du corps
penché pour bien voir la gare qui apparaissait lentement dans chacune des
fenêtres. Émilie jeta un regard inquiet en direction du quai. Pendant son
sommeil, elle avait rêvé qu’Ovila serait là. Elle étouffa un dernier sanglot
que la nuit avait négligé

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