Le commandant Delgrès

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Auteur: Gustave Aimard
Chapitre  1
L’Œil Gris et le sergent Kerbrock voyagent de compagnie dans des chemins très peu frayés.
    L es hautes montagnes qui occupent le centre de l’île de la Guadeloupe et vers lesquelles, depuis le bord de la mer, le terrain s’élève peu à peu par marches immenses et magnifiques comme un escalier de géant, ont toutes été, à une époque reculée, des volcans redoutables.
    En effet, leurs laves sont encore amoncelées par blocs noirâtres et monstrueux, depuis leurs cimes chenues jusqu’aux sables du rivage.
    Et ce qui prouve clairement la vérité de cette assertion, c’est que, ainsi que nous l’avons rapporté plus haut, le sommet le plus élevé de ces montagnes, la reine de toutes les autres, la Soufrière enfin, bouillonne encore aujourd’hui avec un bruit formidable et lance incessamment d’épaisses vapeurs par les soupiraux de ses ténébreux abîmes.
    Ces hautes montagnes de la Guadeloupe sont toutes couvertes de forêts   ; forêts séculaires, primitives, où n’a jamais retenti le bruit de la cognée des bûcherons   ; que seuls connaissent les nègres marrons qui s’y réfugient, et quelques rares chasseurs de grives et d’agoutis.
    Ces forêts vierges servent de barrières et à la fois de ceinture aux mornes   ; elles sont presque impénétrables   ; des arbres gigantesques de tous les âges, couchés les uns sur les autres dans un pêle-mêle effroyable, pourrissent au milieu des arums qui les enveloppent et des lianes qui le couronnent.
    D’autres arbres se dressent majestueusement du milieu de ces fourrés, avec des épanouissements de branches dévorant un immense espace autour d’eux, sans que l’ombre épaisse qu’ils projettent au loin empêche la végétation échevelée et furieuse de se presser autour de leurs trônes.
    Lorsqu’on foule ces débris entassés, craquant et s’effondrant à chaque pas, on sent, en pressant ce terrain, des vapeurs étouffantes que le sol envoie au visage   ; toutes les plantes surgissant de cet engrais éternel ont un aspect pléthorique et vénéneux qui atterre.
    On est fasciné à l’aspect de cette nature cyclopéenne exagérant toutes les proportions et changeant en arbres jusqu’aux bruyères.
    Parfois, le soleil descend au milieu des ténèbres crépusculaires de ces océans de verdure, par quelque déchirure que la chute d’un fromager ou d’un palmier séculaire a faite à la voûte feuillue   ; alors les plantes que ces rayons ont visitées se parent de fleurs ravissantes, perdues dans ces gouffres où nul regard ne les cherche, où nulle main ne les cueille jamais.
    Rien n’est mélancolique et silencieux comme ces grands bois, où nul oiseau ne vole et ne chante, où l’on ne voit que par hasard un agouti craintif, se glissant dans des fourrés inextricables   ; dont le seul bruit appréciable est le bourdonnement monotone et continu des insectes qu’entretient et qu’échauffe le détritus des forêts.
    L’homme perdu dans ces

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