L'Arche d'Alliance

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Auteur: Sarah Frydman

L'Arche d'Alliance
1
    Tel-Aviv, 2 décembre 1999
    Passablement épuisé par le décalage horaire, Boris Steinberg prit possession de la suite qui lui avait été réservée à l’hôtel Hilton de Tel-Aviv. Cette attention inhabituelle de la part de ses supérieurs l’étonnait. Il jeta son manteau sur le lit, alluma un cigare malgré l’heure tardive, et s’installa commodément dans un fauteuil. Un instant, il avait hésité à téléphoner tout de suite à son chef de service, Mikaël Adler, puis il avait décidé de remettre cette inévitable conversation à plus tard. Après son cigare. Un cigare, surtout un Davidoff, cela se respecte, cela se savoure, rien ne doit déranger le fumeur avant qu’il en ait extrait toutes les saveurs, jusqu’à l’ultime bouffée…
    Avec satisfaction, Boris regarda autour de lui. Enfin, il était à Tel-Aviv ! Le seul endroit au monde qu’il aimait vraiment d’amour. Où il se sentait dans SA ville, dans SON pays. D’ailleurs, si l’on y réfléchissait bien, c’était bizarre, cette sensation. Exactement celle qu’il éprouvait lorsqu’il écoutait le chant plaintif des balalaïkas accompagnant les airs populaires russes, souvenirs de son enfance passée en Union soviétique. Mais il n’aimait pas l’introspection, aussi préféra-t-il ne pas trop s’y attarder. Les souvenirs, c’est parfois bon, parfois douloureux. L’un appelle l’autre, forcément. Un sacré mélange qu’il valait mieux ne pas trop secouer.
    Un instant, Steinberg songea à son haras, situé à une cinquantaine de kilomètres de Tel-Aviv, à Kfar Saba, petite localité d’une dizaine de propriétés. Parviendrait-il à y passer une semaine de repos bien mérité ? « Adler me doit bien ça, grogna-t-il à mi-voix. Ma nouvelle jument va mettre bas et j’aimerais bien assister le vétérinaire. » Son haras, il l’adorait ! C’était là son lieu de prédilection, son havre de paix, où il aimait rêver, lire, se reposer. Mais il se doutait bien que la suite au Hilton signifiait autre chose de moins idyllique. Une autre mission plus que probablement… mais plus jamais du genre de celle qu’il venait d’accomplir !
    Cinquante-deux ans dans moins d’un mois, un mètre quatre-vingt-cinq, quatre-vingt-quinze kilos de muscles, des cheveux grisonnants coupés ras : l’homme était encore très séduisant. En prenant de l’âge, du poids, il n’avait rien perdu de sa prestance. « La beauté n’est méprisée que par ceux qui en sont dépourvus », aimait-il à rappeler à ceux qui le chambraient parce qu’il ne savait pas résister aux avances d’une jolie femme. On disait de lui qu’il avait couché avec toutes celles du service, leurs sœurs, leurs amies, et leurs mères parfois. Cette réputation de séducteur qu’il traînait avec lui ne le gênait pas, ni l’exagération sur ses conquêtes.
    Pour l’heure, il n’avait qu’un seul désir : dormir. Mais avant, il appela Adler et sa première phrase tint en cinq

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