L'Ami commun - Tome II

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Auteur: Charles Dickens
le fils qui devait posséder ce document ? Non ; mieux valait que ce fût la fille. Mais la prudence exigeait que le secrétaire n’allât pas chez miss Hexam ; le frère de celle-ci avait vu Jules Handford ; en causant de Rokesmith, les observations de la sœur pouvaient réveiller les souvenirs du frère, et avoir des conséquences qu’il fallait éviter. « On irait peut-être, se dit-il, jusqu’à m’accuser de mon propre meurtre. » Il jugea donc plus sage de se servir de la poste. Plaisante Riderhood lui avait donné l’adresse ; il n’y avait rien à expliquer ; le papier fut mis sous enveloppe, et envoyé à destination.
    Tout ce que le secrétaire savait de miss Hexam lui avait été dit par missis Boffin, qui le tenait elle-même de mister Lightwood. Celui-ci avait une réputation d’agréable conteur, et il s’était approprié cette histoire.
    Les détails qu’il avait eus sur Lizzie l’ayant intéressé, Rokesmith aurait été bien aise d’en apprendre davantage. Il aurait voulu savoir, par exemple, si elle avait reçu le papier qui réhabilitait son père, et si elle en avait été satisfaite. Mais à qui s’adresser ? Mister Lightwood connaissait Jules Handford, il l’avait vu, avait fait faire des recherches à son égard ; de tous les hommes c’était lui que le secrétaire fuyait avec le plus de soin. « Et pourtant le cours ordinaire des choses, se disait Rokesmith, peut me mettre en face de lui d’un moment à l’autre. » Mais le jeune Hexam, se destinant au professorat, travaillait chez un instituteur. Rokesmith le savait par missis Boffin ; car l’influence que Lizzie avait eue sur la carrière de son frère faisait partie de l’histoire que racontait Lightwood et semblait être ce qu’il y avait de plus honorable à dire sur le compte de la famille. D’autre part Salop avait besoin de s’instruire ; en prenant pour lui donner des leçons l’instituteur chez qui se trouvait Hexam, le secrétaire pourrait avoir sur la sœur de ce dernier les détails qu’il désirait.
    La première chose à faire était de se procurer le nom du professeur ; missis Boffin ne le connaissait pas ; mais elle savait où était le pensionnat ; il n’en fallait pas davantage. Le secrétaire écrivit immédiatement, et le soir même vit arriver Bradley.
    Rokesmith expliqua au maître de pension que mister et missis Boffin, s’intéressant à un jeune homme qu’ils voulaient mettre en état de gagner sa vie, désiraient lui faire donner des leçons qui seraient prises dans la soirée. Mister Bradley ne demandait pas mieux que d’avoir un pareil élève. Les conditions furent réglées, et ce fut une affaire faite.
    « Maintenant, demanda Bradley, puis-je savoir quelle est la personne qui m’a recommandé auprès de vous ?
    – Ce n’est pas à moi que vous l’avez été, répondit Rokesmith ; je ne suis ici que le secrétaire de mister Boffin, l’héritier de mister Harmon, dont vous avez pu

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