L'Ami commun - Tome II

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Auteur: Charles Dickens
eût connaissance de ce que j’ai à vous dire ; alors je suis partie de bon matin, et j’ai fait la route à pied.
    – Vous avez une incroyable énergie, dit Rokesmith ; vous êtes vraiment aussi jeune que moi. »
    Elle secoua gravement la tête. « Je suis forte pour mon âge, dit-elle ; mais je ne suis plus jeune, Dieu merci !
    – Vous en êtes contente ?
    – Oui, monsieur. Si j’étais jeune, il faudrait refaire tout le chemin par où j’ai passé ; la course est longue, et cela devient fatigant ; mais peu importe. Je suis donc venue pour vous parler de Salop.
    – À quel propos, Betty ?
    – Voilà ce que c’est, monsieur : il croit qu’il peut répondre à l’obligeance de votre bonne dame, et travailler en même temps pour moi. J’ai beau lui dire que non ; il n’y a pas moyen de lui ôter cela de la tête ; aucun raisonnement n’y fait. Il est clair qu’il ne pourrait pas ; c’est impossible. Pour qu’on le mette en mesure de bien gagner sa vie, il faut qu’il me laisse, il n’y a pas à dire ; et il ne veut pas en entendre parler.
    – Je l’en estime, dit le secrétaire.
    – Vraiment, monsieur ? Moi je ne sais pas ; je ne connais rien aux actions des autres, et ne peux juger que des miennes. Comme il ne me semble pas juste de lui laisser faire à sa tête ; je me suis dit, puisqu’il ne veut pas me quitter, c’est moi qui le planterai là.
    – Comment ferez-vous, Betty ?
    – Je me sauverai de la maison.
    – Vous vous sauverez ! dit Rokesmith en regardant cette vieille figure, dont les yeux brillants exprimaient une énergie indomptable.
    – Oui, monsieur, répliqua Betty. Elle appuya cette réponse d’un signe, qui, pas plus que son visage, ne laissait de doute sur la fermeté de sa résolution.
    – Allons, allons, reprit le secrétaire ; nous reparlerons de cela ; il faut y réfléchir, et voir les choses sous leur véritable jour.
    – C’est bientôt vu, mon chéri – excusez cette familiarité ; je suis d’un âge à être votre arrière-grand’mère. C’est bientôt vu : le travail que je fais est rude, et ne rapporte pas grand’chose. Si je n’avais pas eu Salop, je n’aurais jamais pu continuer ; et c’est tout juste, s’il nous donne assez de pain. À présent que je suis seule, n’ayant même plus Johnny, il sera meilleur pour moi d’aller et de venir que de rester au coin du feu ; je vais vous dire pourquoi : il y a des moments où il me vient comme un engourdissement, qui me prend des pieds à la tête, et que le repos favorise ; ça ne me va pas. Il me semble tantôt que j’ai mon Johnny dans les bras, tantôt sa mère, ou la mère de sa mère. Tantôt je crois, moi-même, être revenue à mon enfance, et je me retrouve dans les bras de ma pauvre mère. Alors je deviens tout engourdie ; je n’ai plus ni sentiment, ni pensée, jusqu’à ce que je me lève de ma chaise, par la peur de ressembler au pauvre monde qu’ils enferment dans les

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