L'abandon de la mésange

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L'abandon de la mésange
place que grâce à
ses oreilles.
    – Ma grande fille, Élise.
    Élise leva les yeux au plafond tandis que le
jeune homme rougissait et bafouillait quelque chose qui pouvait ressembler à un
bonjour. Elle esquissa un sourire, fit un signe de la main et trotta derrière
son père qui marchait d’un pas léger malgré sa valise. Un porteur s’empara de
celle-ci sans rien demander, la posa sur son chariot et s’apprêta à les suivre.
Clovis attendit sa fille.
    – Élise, je te présente M. Philippe.
Son fils, Wilson, étudie à l’université McGill. En anglais.
    – Il a terminé ses études de médecine
cette année, monsieur Lauzé. Et il sera sur le même train que nous. Il a un
emploi d’été pour payer sa résidence.
    – Tes pourboires ont-ils réussi à payer
ses études ?
    M. Philippe éclata de son rire enroué,
venu du milieu de son ventre et qui lui secouait les épaules avant de retentir.
    – Mes pourboires, son travail, puis le
Prêt d’honneur.
    – T’es rendu à combien d’enfants,
Joachim ? Sept ?
    – Neuf. Ma femme vient de me donner des
jumelles.
    – Des jumelles ! Neuf ? T’as
décidé de te faire une équipe de base-ball ?
    Élise avait souri et elle s’enquit si elles
étaient identiques. Devant l’aveu de M. Philippe, qui avait peine,
disait-il, à les différencier, elle sourit de nouveau.
    – Moi aussi, un jour, j’aurai des
jumelles.
    – Parce que tu penses que ça se décide
comme ça ?
    – Je ne le pense pas, papa, je le sais.
    – Ta fille est peut-être une sorcière,
monsieur Lauzé. Je vais demander à mon Wilson de l’examiner.
    – Qu’est-ce qu’il y a de mal à être une
sorcière ?
    Les pères se signèrent, la suppliant de
s’éloigner d’eux, puis ils se moquèrent gentiment, lui faisant remarquer
qu’elle avait de trop belles dents et un joli nez sans verrue. Élise se dirigea
vers l’escalier en portant fièrement son sac de paille en bandoulière.
     
    * * *
     
    Le train s’immobilisa en pleine campagne.
Clovis regarda l’heure et fronça les sourcils, puis il rassura Élise en vantant
les mérites des aiguilleurs, qui avaient peut-être fait arrêter leur train pour
laisser passer un convoi de fret. Mais aucun autre train n’arriva et ils
étaient tous là à transpirer comme des bagnards. Clovis, en bon cheminot,
calcula le temps d’arrêt et le retard qu’il entraînerait. Il allait partir à la
recherche du contrôleur lorsque celui-ci vint annoncer aux passagers qu’il y
avait un problème de freins et qu’on attendait le dépannage. Clovis grimaça.
    – C’est grave, papa ?
    – Non, pas grave… Long.
    Élise refusa de jouer aux cartes et reprit sa
lecture de Bonheur d’occasion , au grand plaisir de son Manitobain de
père, qui disparut derrière le contrôleur. Le temps passa sans qu’Élise s’en
aperçoive, trop absorbée dans sa lecture. Le train eut un soubresaut et Élise,
levant la tête, regarda à l’extérieur. Elle posa

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