la voix des ainés

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Auteur: Pierre Grimbert

la voix des ainés
 
     
     
     
     
     
    M ON NOM EST CONNU à travers tous les Hauts-Royaumes, et même au-delà. Je suis l’Archiduchesse Agénor de Lorelia. Sœur cadette de son altesse Bondrian V, dit le Prudent, quatorzième souverain de la branche des Jarodiens… et probablement le dernier mâle de notre lignée à monter sur le trône.
    Je voyage entre mes palais, de saison en saison, depuis déjà sept décennies. Toute une vie, trop vite passée, à œuvrer à la grandeur de notre nation… Un pays que j’ai toujours considéré comme le mien, mais dont les mémoires, les historiens et jusqu’aux faces de nos terces d’or ne retiendront qu’un seul visage : celui de mon frère.
    Ce benêt sans envergure n’a pourtant que le mérite d’être né quelques années avant moi. Il serait bien incapable de régner sans son armée de ministres, de conseillers et autres consuls ! Ceux-là ne valent pas mieux que les courtisans qui rôdent sans cesse dans nos couloirs, en quête de nouveaux privilèges ou de calomnies à relayer sur leurs semblables. Le plus grand mérite de ces « hommes d’esprit » est bien de réussir à maintenir cette fausse image de sages indispensables, alors qu’ils vampirisent le trésor en dormant sur nos administrations ! À mes yeux, ils forment une bande inutile et lâche : les « profiteurs de paix. »
    J e suis, moi, capable de prendre et d’assumer des décisions importantes, sans devoir m’appuyer sur l’approbation de parasites, je l’ai toujours fait. En tout cas, je n’ai cessé de le faire, depuis cette nuit de l’an 865 où je faillis mourir en couche… Le discours des sages-femmes était alors des plus clairs, je me souviens de chaque mot qui fut prononcé pendant ces décans de souffrance… On ne pouvait à la fois sauver le bébé, et sa mère. Un choix s’imposait, dramatique et irréversible. Alors, je ne tournai pas le dos à mes responsabilités.
    À la suite de cette tragédie, je restai à jamais incapable d’enfanter. Ma stérilité usa prématurément mou époux, qui mourut pratiquement de tristesse, avant même d’atteindre sa quarantième année. Sa propre lignée, apparentée aux anciens rois de Lermian, s’éteignit également avec lui… En revanche, j’héritai d’une fortune colossale, bien supérieure aux quelques domaines terriens dont mon frère m’avait fait l’aumône. Après n’avoir brillé que dans l’ombre du souverain et de mon mari, je me retrouvai soudain la femme la plus riche de tout Lorelia. Davantage, même, que la reine en personne !
    Ma belle-sœur et moi n’avions jamais pu nous entendre ; c’était de notoriété publique. Notre inimitié grandit encore alors que j’entamai ma vie de douairière. La réussite avec laquelle je fis fructifier mes biens devait fatalement attiser jalousies et inquiétudes ! Mais après toutes ces années à me tenir dans le seul rôle de sœur et d’épouse, silhouette silencieuse parmi les autres dames de la Cour,

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