La Terre de Tom Tiddler

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Auteur: Charles Dickens

La Terre de Tom Tiddler
mesurer
réciproquement.
    – Alors vous êtes venu pour me demander
pourquoi je mène ce genre de vie ? dit l’ermite en fronçant
les sourcils avec colère. Je ne l’ai jamais dit à aucun être
humain. Je ne veux pas qu’on me questionne sur ce sujet.
    – Certainement je ne vous questionnerai
pas, dit le voyageur, je n’ai aucune envie de le savoir.
    – Vous êtes un homme grossier, dit
M. Mopes l’ermite.
    – Et vous de même, dit le voyageur.
    L’ermite, qui avait évidemment l’habitude d’en
imposer à ses visiteurs par l’étrange aspect de sa saleté et de sa
couverture, éprouva à la vue de cet inconnu un certain
désappointement et une surprise comme s’il eût dirigé sur lui un
canon et eût fait feu.
    – Pourquoi venez-vous ici, en
somme ? demanda-t-il après une pause.
    – Sur ma vie, c’est la question qui vient
de m’être faite aussi il y a quelques minutes, même par un
chaudronnier.
    Comme le voyageur jetait les yeux sur la
porte, en disant ces mots, l’ermite tourna les siens dans la même
direction.
    – Oui, il est couché sur le dos au
soleil, en dehors, dit le voyageur comme s’il eût été interrogé sur
l’individu en question, il n’a pas besoin d’entrer, car il dit
(avec grande raison) : « Pourquoi entrerais-je ? je
puis voir un homme sale partout. »
    – Vous êtes un insolent personnage ;
sortez de ma propriété. Allez-vous en ! fit l’ermite d’un ton
impérieux et colère.
    – Allons, allons ! reprit le
voyageur sans se troubler. C’est un peu trop fort. Vous n’allez
point me dire que vous êtes propre ? regardez vos jambes. Et
cette propriété dont vous parlez, est dans un état trop honteux
pour que vous en revendiquiez la propriété ou toute autre
chose.
    L’ermite bondit du rebord de sa fenêtre et se
jeta sur sa couche de suie et de cendres.
    – Je ne m’en vais pas, dit le voyageur en
le regardant, vous ne vous débarrasserez pas de moi par ce moyen.
Le mieux est de venir et de causer.
    – Je ne causerai pas, dit l’ermite en se
roulant pour tourner le dos à la fenêtre.
    – Alors c’est moi qui parlerai, dit le
voyageur. Pourquoi trouvez-vous mauvais que je n’aie pas la
curiosité de savoir pourquoi vous menez une vie si absurde et si
inconvenante. Quand je contemple un homme dans un état maladif,
certainement il n’y a point pour moi d’obligation morale à
m’inquiéter de savoir pourquoi il s’y trouve.
    Après un instant de silence, l’ermite, d’un
nouveau bond, revint aux barreaux de sa fenêtre.
    – Comment ? Vous n’êtes pas encore
parti ? dit-il en affectant de supposer qu’il l’était.
    – Point du tout, répondit le voyageur, je
me propose de passer ici cette journée d’été.
    – Comment osez-vous, monsieur, venir sur
mes propriétés ? répondit l’ermite.
    Mais son visiteur l’interrompit :
    – En réalité, vous le savez,
dit-il ; il ne faut plus parler de vos propriétés. Je ne peux
souffrir

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