La Terre de Tom Tiddler

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Auteur: Charles Dickens

La Terre de Tom Tiddler
année de grâce peu éloignée, au milieu des vallées agréables
et des rivières poissonneuses d’un verdoyant comté d’Angleterre.
N’importe quel comté. Il suffit que vous y puissiez chasser, tirer,
pêcher, parcourir ses longues voies romaines recouvertes de gazon,
ouvrir d’anciennes barrières, voir de nombreux arpents de terre
richement cultivés et entretenir une conversation toute arcadienne
avec de braves paysans, l’orgueil de leur pays, qui vous diront (si
vous avez besoin de le savoir) comment vous vous procurerez une
table pastorale à neuf schillings par semaine.
    Le voyageur se mit à déjeuner dans le petit
salon sablé du cabaret du village du Peal-of-Bells, les souliers
encore recouverts de la rosée et de la poussière d’une promenade
faite de grand matin à travers la route, la prairie et le taillis,
et qui l’avait gratifié de petits brins d’herbes, de fragments de
foin nouveau, et de beaucoup d’autres témoignages odorants de la
fraîcheur et des richesses de l’été. La fenêtre à travers laquelle
l’aubergiste avait plongé les regards dans l’espace, était ombragée
par une jalousie, parce que le soleil du matin était chaud et
dardait dans la rue du village. Cette rue ressemblait à celles de
la plupart des autres villages : large pour sa hauteur,
silencieuse pour son étendue, et paisible au plus haut degré, et
les moindres de ses petites habitations avaient d’énormes volets
pour fermer. Rien avec autant de soin que si elles eussent été la
Monnaie
ou la
Banque d’Angleterre
.
    Tout d’abord, la maison du docteur attirait
les regards avec sa plaque d’airain sur sa porte, et ses trois
étages ; elle était aussi remarquable et aussi différente des
autres, que le docteur lui-même, avec son grand habit de drap, au
milieu de ses malades en sarrau.
    Les habitations du village semblaient s’être
fait une loi de rivaliser de mauvais goût, car une vingtaine de
cabanes en lattes et en plâtre étaient entassées confusément autour
de la maison en briques rouges du Procureur, qui, avec son brillant
perron et son énorme décrottoir, paraissait en quelque sorte
vouloir les écraser. Elles étaient aussi variées que les laboureurs
qui les occupaient, les uns ayant les épaules hautes, le cou de
travers et des rhumatismes, – les autres étant borgnes, louches,
cagneux, boiteux et cassés.
    Quelques-unes des petites maisons de
commerçants, telles que la boutique de l’épicier et du sellier,
avaient dans le milieu du pignon un œil-de-bœuf unique à un pouce
ou deux du sommet, donnant à supposer que c’était par là que
quelque malheureux apprenti de la campagne devait, comme un ver, se
glisser horizontalement dans l’appartement, quand il se retirait
pour se reposer.
    Autant la contrée environnante était riche et
abondante, autant le village était pauvre et chétif, ce qui faisait
penser que ceux qui l’habitaient avaient planté tout ce qu’ils
possédaient pour le convertir

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