La Lame Du Boucher

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La Lame Du Boucher
photos, je les ai prises moi-même.
Regarde-les bien, Marianne. Tu ne parleras jamais de ce qui s’est passé ce
soir. À personne, et surtout pas à la police. Tu m’as compris ?
    Elle hocha la tête, sans le regarder.
    — Je veux t’entendre le dire, fillette.
Je veux que tu me regardes, aussi pénible que ça puisse être.
    — J’ai compris, dit-elle. Je n’en parlerai
à personne.
    — Regarde-moi.
    Le regard de Marianne s’était métamorphosé. Il
y lisait maintenant la peur et la haine, ce qui le réjouissait. C’était une
longue histoire, l’histoire d’un gosse qui avait grandi à Brooklyn, une
histoire de père et fils qu’il préférait garder pour lui.
    — Brave fille. Bizarrement, je t’aime
bien. Ce que je veux dire, c’est que j’ai de l’affection pour toi. Oui, de l’affection.
Au revoir, Marianne, Marianne.
    Avant de sortir des toilettes, il farfouilla
dans le sac de Marianne et prit son portefeuille.
    — Mon assurance. Pas un mot à qui que ce
soit.
    Le Boucher ouvrit la porte et disparut.
Marianne Riley s’affala lentement, secouée de frissons. Jamais elle n’oublierait
ce qu’elle venait de vivre, jamais elle n’oublierait ces épouvantables photos.

7.
    — Qui est déjà debout, de si bon matin ?
Voyons, voyons… Mon Dieu, serait-ce Damon Cross, que je vois là ? Et il me
semble avoir également aperçu Janelle Cross…
    Nana Mama arriva à 6 h 30 pour s’occuper
des enfants, comme tous les jours de la semaine. Lorsqu’elle débarqua dans la
cuisine, j’étais en train de donner à manger à Damon, tandis que Maria
attendait que Jannie fasse son rot. La pauvre petite était toujours malade, et
elle pleurait.
    — Ceux qui étaient déjà debout cette
nuit, répondis-je à ma grand-mère tout en essayant de viser, avec ma cuiller
débordant de flocons d’avoine, une bouche qui ne cessait de se tordre.
    — Damon peut faire ça tout seul, décréta
Nana.
    Avec un grand soupir, elle déposa son fardeau
sur le comptoir de la cuisine. On aurait dit qu’elle avait apporté des brioches
salées et -était-ce possible ? -de la confiture de pêches maison. Et
quelques livres pour enfants, comme tous les jours. Bonsoir, lune, Le Cadeau des Mages et Un Si
Bel Été.
    Je dis à Damon :
    — Nana prétend que tu es capable de
manger tout seul, mon bonhomme. Tu me caches des choses, toi…
    — Damon, prends ta cuiller, renchérit
Nana.
    Ce qu’il fit, bien entendu. On ne contredit
pas Nana Mama.
    — Sois maudite.
    Je pris une brioche. Quel bonheur, elle était encore
toute chaude ! Je la laissai fondre sous mon palais, comme un petit
morceau de paradis.
    — Que Dieu te bénisse, vieille femme. Que
Dieu te bénisse.
    Maria crut bon d’intervenir.
    — Vous savez, Nana, Alex n’écoute pas
beaucoup ce qu’on lui dit, en ce moment. Il ne pense qu’à ses enquêtes
criminelles. Je lui ai déjà dit que Damon pouvait manger tout seul. Enfin, la
plupart du temps. Quand ça ne part pas

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