La Lame Du Boucher

Lire ebook La Lame Du Boucher
La Lame Du Boucher
parler du Boucher, bien entendu. Pourquoi êtes-vous ici, à
Baltimore ? Que pouvons-nous faire pour vous ?
    — On ne fait que passer, répondit Michael
Sullivan. On a un petit boulot à faire pour M. Maggione, à Washington. M.
Maggione, ce nom vous dit quelque chose, messieurs ?
    Dans la salle, chacun opina. À en juger par la
teneur de l’échange, c’était du sérieux. Dominic Maggione dirigeait la Famille
de New York, qui régnait sur presque toute la côte Est. Enfin, au moins jusqu’à
Atlanta.
    Tout le monde, ici, savait qui était Dominic
Maggione. Et tout le monde savait que le Boucher était le plus féroce de ses
tueurs à gages. On racontait qu’il se servait de couteaux de boucherie, de
scalpels et de maillets. Au lendemain d’un assassinat qui lui était attribué,
un journaliste de Newsday avait écrit : « Ce crime ne peut être l’œuvre d’un être humain. »
Le Boucher faisait aussi peur à la mafia qu’à la police. Quelle surprise, pour
tous les truands présents ce soir, de découvrir un tueur aussi jeune, au
physique d’acteur, avec une longue chevelure blonde et des yeux d’un bleu
perçant…
    — J’entends beaucoup parler de respect,
fit Jimmy Hats, mais ici, apparemment, le respect, on connaît pas.
    Jimmy Hats avait, lui aussi, la réputation d’amputer
mains et pieds.
    Le sans-grade qui s’était levé fit mine d’intervenir,
mais le Boucher fut plus rapide que lui. D’un geste, il lui taillada le nez
puis le lobe de l’oreille. L’autre porta les mains à son visage en reculant si
vite qu’il tomba à la renverse sur le plancher de bois.
    Le Boucher avait donc bien la lame aussi
preste et précise qu’on le racontait. Il pratiquait l’art du couteau à la
manière des anciens tueurs siciliens, et c’était d’ailleurs un vieux soldato du sud de Brooklyn qui l’avait formé.
Amputer et briser des os était devenu pour lui un jeu d’enfant. Il y voyait une
sorte de marque de fabrique, prouvant aux yeux de tous qu’il n’avait pas d’états
d’âme.
    Jimmy Hats avait sorti son arme, un .45 Hats,
qu’on surnommait également Jimmy le Protecteur, couvrait toujours le Boucher.
    Michael Sullivan fit lentement le tour de la
salle. Il renversa quelques tables, éteignit la télé et débrancha le
percolateur. Tout le monde, à présent, pressentait que quelqu’un allait mourir.
Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui avait pu pousser Dominic Maggione à lâcher
sur eux ce psychopathe ?
    — Je vois que certains d’entre vous s’attendent
à ce que je me fende d’un petit numéro, dit-il. Je le lis dans vos regards, je
le sens à plein nez. Eh bien, je ne voudrais pas décevoir qui que ce soit.
    Brusquement, Sullivan mit un genou au sol et
poignarda l’homme à terre, celui qu’il venait de taillader. Il le frappa à la
gorge, au visage et au thorax jusqu’à ce qu’il cesse de bouger. Une douzaine de
coups, au bas mot.
    Puis le Boucher se releva et, chose curieuse,
fit une

Lire des autres livres

Quand reviendras-tu ?
@page { margin-bottom: 5.000000pt; margin-top: 5.000000pt; } 32DURANT LE COURT TRAJET en voiture qui les amenait de Hunter College à la maison des Aldrich dans la 69e Rue Est, les inspecteurs Billy Collins et Jennifer Dean convinrent que jamais ils n’auraient imaginé Zan Moreland capable d’avoir enl... Puis...
Fondation (03)
Nous aurions pu, nous, le faire à sa place ; mais non, il a fal u que Hardin in-stitue ce culte du souverain. Pour ma part, je ne comprends pas ses raisons. - Que fait Verisof ? demanda soudain Jaim Orsy. Je l'ai connu actionniste acharné. Que fait-il là-bas ? Il est donc aveugle, lui aussi ? - Je n... Puis...
Miles Vorkosigan
Un ciel haut et bleu, une température agréablement fraîche. Même le brouillard industriel sentait bon. Les fleurs tardives résistaient encore à la gelée, mais les arbres importés de la Terre avaient changé de couleur. Quand on l’extirpa sans ménagement du fourgon pour l’introduire à l’arrière du qua... Puis...
Je me sentis à la fois épouvanté et heureux, en songeant que je n’aurais jamais à craindre un sort pareil. Qu’en savais-je cependant ? Qui peut prévoir quel sera le dénoûment du drame de sa vie et dire : « Je mourrai ici ou là, d’un accident ou d’une maladie, en tel temps, en telle occurrence ? » Da... Puis...
Victor, de la brigade mondaine
Que l’on s’occupât du crime de La Bicoque, du crime de la rue de Vaugirard, il s’en moquait, ces deux drames ne l’intéressant que dans la mesure où ils se rapportaient à l’action d’Arsène Lupin. Mais, pour celui-là, qu’on n’y touchât pas ! Il étai... Puis...