La barriere Santaroga

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Auteur: Herbert,Frank

La barriere Santaroga
retrouver l’idée qui l’avait ainsi perturbé, n’y
parvint pas. Ce n’était qu’un trouble passager, sans importance, une ride
fugace sur un lac qui sinon se calmait peu à peu. Dasein se laissa baigner et
noyer par ses eaux calmes et vertes. Il se rendit compte alors qu’il était seul
dans la chambre avec Jenny.
    Le calme personnifié : avec ses yeux bleus au coin
desquels se plissait une ride amusée, ses lèvres pleines et souriantes.
    Elle portait une robe orange, un ruban orange noué dans ses
cheveux bruns.
    Jenny déposa un paquet sur la table de nuit, se pencha, l’embrassa –
lèvres chaudes, sensation de paix profonde, de partage. Elle se sépara de lui,
s’assit à ses côtés, lui prit la main.
    Dasein ne l’avait jamais trouvée aussi belle.
    — Oncle Larry dit que tu dois te reposer cet après-midi
mais que tu pourras quitter l’hôpital dès samedi.
    Dasein tendit la main, fit courir ses doigts dans cette
chevelure douce comme la soie, si sensuelle.
    — Pourquoi ne pas nous marier dimanche ?
    — Oh, chéri !…
    À nouveau elle l’embrassa, s’écarta, prit un air sérieux :
    — Je ferais mieux d’arrêter là pour aujourd’hui. Nous
ne voulons pas te fatiguer. Tressaillement de la fossette sur sa joue. « Tu
dois être en pleine forme pour dimanche. »
    Dasein attira sa tête contre lui, lui ébouriffa les cheveux.
    — Nous pourrons avoir une des maisons du nouveau
lotissement, murmura-t-elle. Nous serons près de Cal et Willa. Chéri, chéri, je
suis si heureuse…
    — Moi aussi.
    Elle se mit à lui décrire la maison, le jardin, la vue…
    — Tu en as déjà choisi une ?
    — Je suis allée faire un tour là-bas, pour rêver, pour
espérer…
    Cette maison, c’était tout pour elle : c’était
important pour une femme d’avoir un foyer convenable pour commencer sa vie avec
l’homme qu’elle aimait. Il y avait même un vaste garage avec assez de place
pour installer une boutique… et un labo.
    Dasein s’imagina la voiture de Jersey Hofstedder installée
dans le garage qu’elle avait décrit. C’était une pensée évocatrice de
continuité, de contentement béat, de sagesse paysanne devant les bonnes choses
et le ténia des vendanges.
    Le paquet posé sur la table de nuit attira son attention.
    — Qu’y a-t-il dans ce paquet ?
    — Quel paquet ?
    Elle leva la tête et se tourna pour suivre la direction de
son regard. « Oh, ça ! C’est la bande, à la Coopé… ils t’ont préparé
un colis de bienvenue. »
    — Du Jaspé ?
    — Bien entendu. Elle se rassit, rectifia l’ordonnance
de sa chevelure.
    Dasein se vit l’espace d’un instant en train de travailler à
la chaîne d’empaquetage.
    — Où vais-je travailler ?
    — Oncle Larry te voudrait à la clinique. Mais avant, on
va se prendre tous les deux un mois de lune de miel. Chéri… ça va être
tellement long, jusqu’à dimanche.
    À la clinique, songea Dasein. Plus comme patient,
Dieu merci ! Puis

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