Kirinyaga: une utopie africaine

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Auteur: Resnick, Mike

Kirinyaga: une utopie africaine
PROLOGUE
    Une matinée parfaite, en compagnie de chacals
    19 avril 2123

    Ngai est le créateur du monde. Il créa le lion et l’éléphant, la vaste savane et les hautes montagnes, le Kikuyu, le Masaï et le Wakamba.
    Ainsi, avec juste raison, mon grand-père et son grand-père avant lui crurent-ils que Ngai était tout-puissant. Puis les Européens arrivèrent, et ils tuèrent tous les animaux, couvrirent les savanes de leurs usines et les montagnes de leurs villes, assimilèrent les Masaïs et les Wakambas, jusqu’au jour où il ne resta plus des créations de Ngai que les Kikuyus.
    Et ce fut parmi ceux-là que Ngai livra Sa dernière bataille contre le dieu des Européens.
    Mon ancien fils baissa la tête pour entrer dans ma case.
    «Jambo, mon père», dit-il, l’air un peu mal à l’aise, comme d’habitude, dans les limites étroites des murs arrondis.
    «Jambo, Edward», répondis-je.
    Il se planta devant moi, sans trop savoir quoi faire de ses mains. Il finit par les rentrer dans les poches de son élégant costume de soie.
    «Je suis venu pour te conduire au spatioport», dit-il enfin.
    Je hochai la tête, puis me levai lentement. «C’est l’heure.
    — Où sont tes bagages ?
    — Ils sont sur moi.» Je désignai mon kikoi rouge élimé.
    «Tu ne prends rien d’autre ?

    — Il n’y a rien d’autre que je veuille prendre.» Il se tut et se balança d’un pied sur l’autre, l’air gêné, comme il semblait en avoir l’habitude en ma présence. «Sortons, veux-tu ? proposa-t-il enfin en gagnant la porte de ma case. Il fait très chaud ici, et ces mouches sont infernales.

    — Il faut apprendre à les ignorer.
    — Je n’ai pas besoin de les ignorer, répliqua-t-il, presque sur la défensive. Il n’y a pas de mouches là où je vis.
    — Je sais. Elles ont toutes été tuées.

    — À t’entendre, on dirait que tu le regrettes. * Je haussai les épaules et le rejoignis dehors, où deux de mes poulets donnaient des coups de bec assidus dans la terre rouge et sèche.

    «Il fait un temps agréable, ce matin, n’est-ce pas ? dit-il. J’avais peur qu’il ne fasse aussi chaud qu’hier.»
    Je promenai mon regard sur la vaste savane, qu’on avait transformée en champs cultivés. Le maïs et le blé jetaient comme des étincelles sous le soleil du matin.
    «Un temps parfait», approuvai-je. Tournant alors la tête, je découvris une voiture splendide garée à une trentaine de mètres, blanche, élancée, rutilante de chromes.

    «Elle est neuve ?» m’enquis-je en la désignant. Il opina fièrement. «Je l’ai achetée la semaine dernière.

    — Allemande ?
    — Anglaise.
    — Bien sûr.»
    Sa lueur de fierté s’éteignit, et il recommença à se dandiner. «Tu es prêt ?
    — Je le suis depuis longtemps.» J’ouvris la portière pour m’installer sur le siège du passager.
    «Je ne t’avais jamais vu faire ça, remarqua-t-il en montant dans la voiture pour mettre le moteur en marche.
    — Faire

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