Jacques et Marie

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Prologue 1
    O n dit que les Troyens exilés donnaient des noms aimés aux lieux inconnus où ils étaient venus chercher une nouvelle patrie.
Au temps de la conquête, on vit arriver quelques familles démembrées, ralliées par le même malheur, chassées de leurs foyers comme les enfants d’Ilion. Ces infortunés s’arrêtèrent sur les bords de la Petite Rivi ère de Montr éal, à cet endroit où elle semble prendre plaisir à revenir sur son cours, comme pour mieux arroser les plaines fertiles qu’elle sillonne et rafraîchir ses ondes sous les ombrages des ormes géants qui les abritent. Après avoir entamé la forêt et asséché le sol par des travaux herculéens, ils y fixèrent leurs demeures.
    Pour eux, la terre qui allait boire leurs sueurs et leurs larmes, recueillir leurs dernières espérances, donner des fleurs à leur vieillesse et garder leurs cendres bénies, ne pouvait pas s’appeler autrement que celle où ils avaient appris à connaître tout ce que la vie donne de délices dans les joies pures du foyer, durant ces beaux jours d’illusions et de mystères qui charment toute jeunesse ici-bas   : ils firent comme ces autres pèlerins de l’Ausonie, ils nommèrent le coin de terre qu’ils venaient d’adopter la Petite-Cadie, du nom de la patrie perdue.
    Tous les proscrits sont frères, qu’ils soient victimes des Grecs ou des Anglais, et le génie de l’infortune a partout la même poésie de langage.
    Ces familles étaient venues là, les unes après les autres, comme viennent les débris d’un naufrage sur la même falaise, quand, après bien des vents contraires, une brise continue se met à souffler vers la terre. Des pères qui avaient eu des familles nombreuses arrivèrent avec quelques-uns de leurs enfants, ou avec ceux de leurs voisins seulement   ; des jeunes filles, parties avec leurs vieux parents, se rendirent avec les parents des autres   ; un homme qui comptait plusieurs frères parvint au terme de la route avec deux ou trois neveux   : il n’entendit jamais parler de ceux qui étaient restés en arrière   ; quelques amis, quelques alliés réussirent à se rejoindre à différents intervalles, mais cela fut rare. Un jeune homme qui s’était fait marin parvint à recueillir plusieurs des siens dispersés sur différents rivages.
    Dans le cours de leurs pérégrinations, il y en a qui franchirent des espaces incroyables, à pied, à travers les forêts, le long des fleuves, sur les rivages arides de la mer. Tantôt ils furent arrêtés par la maladie et la misère, d’autres fois ils s’égarèrent longtemps. On offrit à quelques-uns le travail des esclaves, à d’autres un salaire, mais un salaire donné par des mains étrangères. Mais tous préférèrent continuer leur chemin. Ils cherchaient un ciel ami qui leur rappelât celui qu’ils ne devaient plus revoir, ou ils mouraient en le cherchant. . .
    N’ont-ils pas bien gagné ce pied de terre où ils ont enfin pu s’asseoir pour rompre

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