Finismonde - 02 - Finismonde

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Auteur: Vinge,Joan D.

Finismonde - 02 - Finismonde
Prologue
     
    — Dois-je vous amener les prisonniers,
Inspecteur ? lui demanda la voix dans l’interphone. (Puis, n’obtenant pas
de réponse, elle se fit insistante :) Inspecteur Gundhalinu ?
    Gundhalinu finit par se détourner de la haute
fenêtre, du spectacle de Seuil noyé dans la brume et des fioritures baroques
dessinées sur les vitres par le ruissellement de la pluie. Il avait eu le
regard fixé sur le Panthéon dont les multiples coupoles de céramique azur et
or, visibles de son bureau, disparaissaient pourtant à demi derrière le
jaillissement plus gracieux d’édifices récents. Il tira de sa poche une montre
ancienne et y jeta un œil absent ; son attention se concentrait en réalité
sur l’objet lui-même, sur la sensation familière et sécurisante de tourner et
de retourner cette montre dans sa main. Un soupir lui échappa. Il se faisait
tard… pas assez tard cependant pour qu’il pût remettre à un autre jour ce qu’il
lui restait à faire.
    D’ailleurs, il ne disposerait pas d’un jour de
plus. Au Panthéon où la foule se rassemblait déjà – une foule venue de
tout Numéro Quatre pour le voir –, les cérémonies commenceraient
aujourd’hui même au coucher du soleil pour se prolonger sur une bonne partie du
lendemain, perspective qui le fit grimacer d’autant qu’à l’avenir bien d’autres
cérémonies similaires surgiraient sur sa route, cours d’eau tumultueux qu’il
lui faudrait franchir pour atteindre le but qu’il s’était donné.
    Aussi longtemps que possible, il avait tiré
prétexte de sa blessure et de son extrême faiblesse pour se soustraire à la
vénération publique et à l’ineptie des honneurs. Mais cette intimité
péniblement préservée de sa convalescence, il l’avait consacrée à un
obsessionnel travail de mise en ordre dans ce qui lui restait de sa vie privée
avant de devenir à jamais la propriété de tous. Il savait ce qu’il verrait s’il
venait à se croiser dans un miroir et ne s’en était pas approché depuis sa
sortie de l’hôpital. Pourtant, trop récemment, il avait enduré de pires
épreuves que celle de contempler sa propre image et n’en aurait certainement
ressenti nulle gêne, nulle entrave. Pas un seul instant il n’avait eu le loisir
de se pencher sur sa faiblesse, sur sa souffrance ou sur ses doutes… et plus
jamais il ne disposerait du temps nécessaire pour le faire.
    Il se retourna vers son bureau et sa main se
tendit enfin vers l’interphone, puis hésita tandis que s’écoulaient d’autres
secondes. La sentence qu’il était sur le point de prononcer avait beau n’être
qu’une formalité, une décision prise plusieurs semaines auparavant sur ce qui
aurait dû être fait depuis des années… il éprouvait cependant le besoin de
gagner du temps.
    Il effleura la touche de l’interphone.
    — Ossidge, j’en suis encore à revoir la
déposition des témoins. Quand je serai prêt, je vous le ferai savoir.
    — D’accord,

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