Aventures de monsieur Pickwick

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Auteur: Charles Dickens

Aventures de monsieur Pickwick
hôtes :
    « Que pensez-vous d'une heure passée sur la glace ? Nous avons du temps à revendre.
    – Admirable ! s'écria Benjamin Allen.
    – Fameux ! acclama Bob Sawyer.
    – Winkle ! reprit M. Wardle. Vous patinez, nécessairement ?
    – Eh !… oui, oh ! oui, répliqua M. Winkle. Mais… mais je suis un peu rouillé.
    – Oh ! monsieur Winkle, dit Arabelle, patinez, je vous en prie ; j'aime tant à voir patiner !
    – C'est si gracieux ! » continua une autre jeune demoiselle.
    Une troisième jeune demoiselle ajouta que c'était élégant ; une quatrième, que c'était aérien.
    « J'en serais enchanté, répliqua M. Winkle en rougissant ; mais je n'ai pas de patins. »
    Cette objection fut aisément surmontée : M. Trundle avait deux paires de patins, et le gros joufflu annonça qu'il y en avait en bas une demi-douzaine d'autres. En apprenant cette bonne nouvelle, M. Winkle déclara qu'il était ravi ; mais, en disant cela, il avait l'air parfaitement misérable.
    M. Wardle conduisit donc ses hôtes vers une large nappe de glace. Sam Weller et le gros joufflu balayèrent la neige qui était tombée la nuit précédente, et M. Bob Sawyer ajusta ses patins avec une dextérité qui, aux yeux de M. Winkle, était absolument merveilleuse. Ensuite il se mit à tracer des cercles, à écrire des huit, à inscrire sur la glace, sans s'arrêter un seul instant, une collection d'agréables emblèmes, à l'excessive satisfaction de M. Pickwick, de M. Tupman et de toutes les dames. Mais ce fut bien mieux encore, ce fut un véritable enthousiasme, quand le vieux Wardle et Benjamin Allen, assistés par ledit Bob, accomplirent nombre de figures et d'évolutions mystiques.
    Pendant tout ce temps, M. Winkle, dont le visage et les mains étaient bleus de froid, s'occupait à mettre ses patins avec la pointe par derrière et à emmêler les courroies de la manière la plus compliquée. Il avait été aidé dans cette opération par M. Snodgrass, qui se connaissait en patins à peu près aussi bien qu'un Hindou ; néanmoins, grâce à l'assistance de Sam, les malheureux patins furent serrés assez solidement pour engourdir les pieds du patient, et il fut enfin levé sur ses jambes.
    « Voilà, monsieur, lui dit Sam, d'un ton encourageant ; en route, à cette heure, et montrez-leur comme il faut s'y prendre.
    – Attendez, attendez ! cria M. Winkle, qui tremblait violemment et qui avait saisi Sam avec la vigueur convulsive d'un noyé. Comme c'est glissant, Sam !
    – La glace est presque toujours comme ça. Tenez-vous donc, monsieur. »
    Cette dernière exhortation était inspirée à Sam par un brusque mouvement du patineur, qui semblait avoir un désir frénétique de lever ses pieds vers le ciel et de briser la glace avec le derrière de sa tête.
    « Voilà… voilà des patins bien peu solides ; n'est-ce pas, Sam ? balbutia M. Winkle, en trébuchant.
    – Je crois plutôt, répliqua l'autre, que c'est le gentleman

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