Aventures de monsieur Pickwick

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Auteur: Charles Dickens

Aventures de monsieur Pickwick
peu près, répondit M. Sawyer, en s'administrant la moitié d'une volaille. Elle est fort musculeuse pour une jambe d'enfant.
    – Vraiment ? dit négligemment M. Allen.
    – Mais oui, répliqua Bob Sawyer, la bouche pleine.
    – Je me suis inscrit pour un bras à notre école, reprit M. Allen. Nous nous cotisons pour un sujet, et la liste est presque pleine ; mais nous ne trouvons pas d'amateur pour la tête. Vous devriez bien la prendre.
    – Merci, repartit Bob Sawyer ; c'est trop de luxe pour moi.
    – Bah ! bah !
    – Impossible ! une cervelle, je ne dis pas… Mais une tête tout entière, c'est au-dessus de mes moyens.
    – Chut ! chut ! messieurs ! s'écria M. Pickwick ; j'entends les dames. »
    M. Pickwick parlait encore lorsque les dames rentrèrent de leur promenade matinale. Elles avaient été galamment escortées par MM. Snodgrass, Winkle et Tupman.
    « Comment, c'est toi, Ben ? dit Arabelle, d'un ton qui exprimait plus de surprise que de plaisir, à la vue de son frère.
    – Je te ramène demain à la maison, Arabelle, répondit Benjamin. »
    M. Winkle devint pâle.
    « Tu ne vois donc pas Bob Sawyer ? » poursuivit l'étudiant, d'un ton de reproche.
    Arabelle tendit gracieusement la main ; et, comme M. Sawyer la serrait d'une manière visible, M. Winkle sentit dans son cœur un frémissement de haine.
    « Mon cher Ben, dit Arabelle en rougissant, as-tu… as-tu été présenté à M. Winkle ?
    – Non, mais ce sera avec plaisir, » répondit son frère gravement ; puis il salua d'un air roide M. Winkle, tandis que celui-ci et M. Bob Sawyer se dévisageaient du coin de l'œil avec une méfiance mutuelle.
    L'arrivée de deux nouveaux visages, et la contrainte qui en résultait pour Arabelle et pour M. Winkle, auraient, suivant toute apparence, modifié d'une manière déplaisante l'entrain de la compagnie, si l'amabilité de M. Pickwick et la bonne humeur de leur hôte ne s'étaient pas déployées au plus haut degré pour le bonheur commun. M. Winkle s'insinua graduellement dans les bonnes grâces de M. Benjamin Allen, et entama même une conversation amicale avec M. Bob Sawyer, qui, grâce à l'eau-de-vie, au déjeuner et à la causerie, se trouvait dans une situation d'esprit des plus facétieuses. Il raconta avec beaucoup de verve comment il avait enlevé une tumeur sur la tête d'un vieux gentleman, illustrant cette agréable anecdote en faisant, avec son couteau, des incisions sur un pain d'une demi-livre, à la grande édification de son auditoire.
    Après le déjeuner, on se rendit à l'église, où M. Benjamin Allen s'endormit profondément, tandis que M. Bob Sawyer détachait ses pensées des choses terrestres par un ingénieux procédé, qui consistait à graver son nom sur le devant de son banc en lettres corpulentes de quatre pouces de hauteur environ.
    Après un goûter substantiel, arrosé de forte bière et de cerises à l'eau-de-vie, le vieux Wardle dit à ses

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